Les manœuvres PS-PCF pour les élections municipales commencent…

Ou plutôt elles continuent ! Et cette fois-ci dès avant le premier tour ! Le PCF 62 a en effet répondu publiquement et favorablement à l’appel du maire PS de Lens, nous apprend la Voix Du Nord du 18 Octobre 2018. Certains diront que c’est toujours mieux qu’une alliance PS/LREM mais là n’est pas la question.

Le prétexte de cette alliance électorale précipitée serait de faire échec à l’extrême droite ! Sans doute oublient-ils que c’est le PS mitterrandien qui a nourri le FN depuis les années 80. Feignent-ils d’ignorer que c’est l’alignement sur l’Europe de Maastrich chère au PS et à son allié soi-disant communiste qui est la cause de la casse industrielle et sociale qui martyrise notre pays ? N’ont-ils pas par leur politique de lâcheté et d’abandon ouvert un boulevard au FN ?

La France Insoumise Lens ne se compromettra pas avec une liste façon union de la gauche nostalgique, entre deux fossiles politiques qui ont détruit la gauche populaire et qui se réjouissent des déboires de la FI aux prises avec les opérations fascisantes du pouvoir macronien.

Refuser la délégation au privé des services publics et la métropolisation de notre bassin minier, proposer des solutions innovantes de création d’emplois et de protection de l’environnement, par exemple, auraient au contraire été un signe fort pour la défense des intérêts des habitants.

Nous proposerons le moment venu un programme de renouveau démocratique avec comme priorité numéro 1 le souci constant de faciliter et de soulager autant que faire se peut la vie des Lensoises et des Lensois. Nous nous mettons d’ores et déjà à leur écoute car c’est bien eux qui savent le mieux ce dont ils ont besoin aujourd’hui comme demain !
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OTAN : il est urgent d’en sortir et non pas de célébrer

A Fréthun, une auto-proclamée Fédération du Mémorial de l’OTAN, organise sa prochaine commémoration le 08/09/2018. Les pays hôtes seront la Grande-Bretagne, le Japon, la Norvège et la Pologne. Une stèle dédiée à la mémoire des soldats blessés ou décédés lors d’interventions en service sous la bannière de l’OTAN, a été installée en 2012, à titre privé, par un gendarme pour célébrer les soi-disant « valeurs de l’OTAN » la fraternité, l’amitié et la paix ; il essaie depuis de faire reconnaître officiellement son initiative par l’OTAN et il est soutenu par un député et une sénatrice proches des milieux atlantistes et par une kyrielle d’associations militaires.

Nous dénonçons ce genre d’initiative qui derrière un côté sympathique et respectable d’hommage à des soldats qui n’ont fait que leur devoir, cache en fait une intention politique droitière et atlantiste.

L’appartenance à l’OTAN est contraire à l’indépendance et aux intérêts de la France. L’OTAN n’a de cesse de chercher à justifier son existence depuis que la fin de la guerre froide et la disparition du Pacte de Varsovie l’ont rendu totalement anachronique : la Russie et la Chine sont considérées comme des menaces, même si leurs dépenses militaires cumulées n’atteignent même pas le tiers de celles des membres de l’OTAN ; la lutte contre le terrorisme est considérée comme étant du ressort de l’OTAN ; les flux migratoires comme une perturbation pour la sécurité etc.
Cette méthode s’inscrit dans le temps long. Dès les années 1950 les USA se sont préoccupés d’empêcher que la CEE, puis l’Union européenne, vue comme une simple ligne de défense face à l’URSS, puisse devenir une puissance alternative. Cette volonté n’a fait que se renforcer depuis la fin de la Guerre froide. Le Defense Planning Guideline 1994-1999 – document stratégique rédigé au lendemain de la guerre froide à la demande du secrétaire à la Défense pour élaborer une « stratégie de suprématie militaire » – recommandait ainsi que les USA préviennent « l’émergence d’accords de sécurité intra-européens qui saperaient l’OTAN ».

L’OTAN est un outil de soumission aux USA et le sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Bruxelles les 11 et 12 juillet 2018 n’a fait que confirmer l’absence totale de capacité de l’Europe, ectoplasme géopolitique regroupant la grande majorité des membres de l’OTAN, à répondre autrement que par la soumission aux injonctions étasuniennes.
L’objectif Trumpien de 2% du PIB de chaque pays européen consacré à la défense pour « partager le fardeau » ne répond à aucune obligation défensive. Comme l’avait rappelé JL Mélenchon pendant la campagne présidentielle, « la question des moyens ne doit pas être posée avant celle des objectifs. Nous devons viser la cohérence entre les moyens et les fins géopolitiques. Il est inutile de graver dans le marbre un pourcentage qui ne signifie rien en lui-même ».

Ce chantage sert d’autres objectifs. Le premier est d’ordre géopolitique. Cette exigence de partager le soi-disant « fardeau de la défense » permet d’entretenir les divisions entre Etats européens. En attaquant violemment l’Allemagne – pourtant très bon élève de l’atlantisme militaire – supposée être « aux mains de la Russie » au prétexte qu’elle lui achète du gaz, Trump a voulu tuer dans l’œuf le projet de gazoduc russe NordStream 2. Il a aussi essayé d’enfoncer un coin entre l’Allemagne et les pays comme la Pologne ou l’Estonie, qui consacrent déjà 2% de leur PIB à la défense et sont focalisés sur la soi-disant « menace russe ». Dans le même temps, Donald Trump entend négocier directement avec une Russie servant d’épouvantail pour justifier le renforcement permanent de l’OTAN.

Le deuxième est économique : en février dernier, lors de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN préparatoire au sommet, le secrétariat d’État américain à la défense avait d’une part prévenu que la relance de la coopération de défense entre Européens ne devrait pas concurrencer l’OTAN, d’autre part qu’elle ne devait pas pénaliser l’industrie américaine de l’armement. Là est le second objectif du chantage aux 2% : continuer à faire de l’Europe une destination majeure des exportations de l’industrie étasunienne de l’armement. L’industrie de ventes d’armes et d’équipements aux pays européens sous le parapluie de l’Alliance représente une source considérable de profits pour le secteur étasunien de l’armement. En 2017, le montant des exportations étasuniennes d’armement en Europe s’est élevé à 7,3 milliards de dollars. Pour les USA, qui croisent systématiquement dans leur stratégie enjeux militaires et enjeux commerciaux, il s’agit ici de mener sur le terrain de la défense la guerre commerciale qu’ils ont déclaré à l’Union européenne via notamment l’instauration ou l’augmentation de taxes douanières.

Effrayés à l’idée que l’Empire cesse sa soi-disant « protection », les membres européens de l’OTAN se sont comme à leur habitude soumis aux injonctions étasunienne. Alors même que les divergences d’intérêts et de vision du monde apparaissent désormais au grand jour avec les Etats-Unis, les atlantistes européens, passés quelques timides signes de mauvaise humeur face aux humiliations de Trump, se sont empressés de renouveler les signes de leur soumission.

La déclaration finale de l’alliance rappelle ainsi que « le partenariat stratégique OTAN-UE est essentiel pour la sécurité et la prospérité de nos pays et de la zone euro-atlantique […]. Nous reconnaissons qu’une défense européenne plus forte et plus performante rendra l’OTAN plus forte ». Mais gageons que ce type de déclaration n’empêchera pas le gouvernement français de continuer à affirmer en dépit du bon sens que l’objectif de renforcer « l’Europe de la Défense » s’inscrit dans celui renforcer notre indépendance vis-à-vis des USA.
La déclaration se félicite en outre que la remontée des budgets de défense rendra l’OTAN « encore plus forte », dans la continuité des 87 milliards de dollars supplémentaires dépensés par ses membres depuis 2014. Si le sacro-saint objectif des 2% d’ici 2024 est respecté, le total des dépenses militaires des pays membres de l’alliance aura alors augmenté de 266 milliards de dollars, pour un montant actuel de 915 milliards de dollars !

Au lieu de s’afficher en bon élève de l’OTAN et de suivre docilement les injonctions de Trump, comme il l’a fait dans la dernière loi de programmation militaire qui répond d’avantage aux objectifs de l’alliance et qu’aux besoins de notre défense nationale, Macron doit rompre avec sa croyance dans l’atlantisme. Le sens de l’histoire suppose redonner à la France son indépendance et de penser son action internationale à l’échelle mondiale, dans le cadre de nouveaux partenariats au service de la sécurité collective et de la coopération entre les peuples.

Pourtant, les États-Unis d’Amérique ne cessent de mettre en danger la paix mondiale en multipliant les provocations : en déplaçant son ambassade en Israël, en trahissant l’accord sur le nucléaire iranien, en renonçant aux accords de Paris sur le climat, pour seuls exemples. La deuxième armée de l’alliance atlantique, celle de la Turquie, est aux ordres d’Erdogan, dont le caractère despotique s’aggrave encore.

Qui pense sérieusement que la France a des intérêts ou des « valeurs » en commun avec ces membres prépondérants de l’OTAN ?

Pour défendre ses intérêts et œuvrer à la paix, la France doit impérativement retrouver son indépendance en quittant l’OTAN.

Non à la violence et au racisme

La France Insoumise Lens condamne fermement la lâche et violente agression subie le 24 août 2018 par deux de nos concitoyens à la sortie de la mosquée de Lens. Nous leur souhaitons un prompt rétablissement et les assurons de notre soutien. La motivation de cette agression est clairement raciste.

L’agresseur est un jeune homme probablement fragilisé sur le plan psychique et abandonné par un système de santé publique rendu défaillant par la politique austéritaire de Macron. Il a déclaré aux policiers « j’ai le sang pur » et « je ne supporte pas qu’ils nous imposent leur façon de vivre ». Ce genre de passage à l’acte est malheureusement rendu possible par le climat nauséabond de haine que suscite la dérive fascisante de certains discours politiques.

Seule une révolution citoyenne dans les urnes permettra de remédier à cette dérive par la mise en œuvre du projet d’Avenir en commun proposé par la France Insoumise.