Changer l’UE ! 5 Frau Merkel, vos prétendues « valeurs de l’UE » ne sont pas les nôtres !

La France Insoumise Lens ne méconnait pas l’intérêt qu’aurait une Europe solidaire et progressiste afin de faire face collectivement aux défis sociaux et environnementaux engendrés par la mondialisation capitaliste mais récuse les prétendues « valeurs de l’UE » dont se gargarise l’ordo-libéralisme allemand.

Nous récusons le caractère anti-démocratique de l’Union Européenne (UE) qui a été fondée dans le dos des peuples au profit du capital.

Nous récusons le tournant ultra-libéral pris par l’UE lors de l’Acte Unique (règle d’or des 3% du PIB de déficit public maximum et de 60% du PIB pour la dette publique) qui institue la prééminence du principe et du droit de libre concurrence sur tous les autres droits sociaux en particulier.

Nous récusons la dérive réglementaire engagée par l’UE à l’occasion du pacte budgétaire (les projets de lois de finance sont dorénavant soumis à la Commission européenne avant d’être présentés aux parlements nationaux) et du « Six-pack » ! Avec Maastricht, seuls les déficits et la dette publique étaient surveillés, désormais les bulles de crédit, les déséquilibres commerciaux, les hausses de salaires, les dépenses sociales sont sous examen permanent !

Nous récusons cette UE aux mains des lobbies industriels et financiers qui empêchent toute maîtrise démocratique des choix au détriment de notre mode de vie et de l’environnement.

Nous récusons le libre-échangisme come seul horizon de l’UE et la passivité de l’UE face à la fraude fiscale des multinationales.

Nous récusons la fausse opposition chère à Macron entre européistes et nationalistes et ne reconnaissons que la lutte des peuples européens contre l’oligarchie au pouvoir et au service des profiteurs.

Nous récusons la prétention de l’UE à justifier son existence par la paix entre les nations européennes alors que sa politique étrangère s’inscrit dans un alignement sur les positions américaines au sein de l’OTAN en désignant la Russie comme ennemi.

Nous récusons la volonté de l’UE d’imposer un mode de développement déséquilibré à l’Afrique afin de mieux défendre ses intérêts commerciaux.

Quelques exemples de ces politiques désastreuses :

La BCE a versé en 10 ans 3000 milliards d’euros aux banques privées en leur accordant des prêts à des taux d’intérêts quasiment nuls, cet argent étant ensuite re-prêté à des taux usuraires aux gouvernements des pays européens.

La Commission européenne met un veto à la fusion Alstom Siemens qui aurait été la solution pour faire face à la concurrence envahissante chinoise. Mais les règles de concurrence européennes sont actuellement intra-européennes et ne sont pas destinées à protéger l’industrie européenne contre le dumping industriel international. Certes toute fusion entraine des diminutions d’effectifs mais c’est bien cela qui devrait être géré et non pas l’application bête de règles qui empêchent la constitution de « champions » industriels européens.

La règle gravée dans le marbre depuis les critères de Maastricht de 1992 des 3% de déficit public par rapport au PIB est une «idée» trouvée sur «un coin de table» par un Français en 1981 à la demande de Mitterrand, idée sans aucune justification économique qui a été relayée par Delors jusqu’à Bruxelles.

Le «déficit sur PIB» compare des comptes publics (avec des dépenses publiques pour construire des écoles, des hôpitaux, des routes, etc. pour le futur), et le PIB, qui est un indicateur de richesse économique de l’année en cours.

Ce qui nous attend si l’UE reste aux mains de la droite et des sociaux-libéraux :

Le principe d’innovation versus le principe de précaution : une nouvelle invention des lobbys industriels en particulier l’European Risk Forum : à chaque fois qu’une législation est considérée, son impact sur l’innovation devrait être évalué et la question abordée : si l’innovation en question participe à la compétitivité de la zone euro, l’UE doit accepter de restreindre ses prétentions sanitaires et environnementales au profit de l’innovation.

Une UE qui continue à s’opposer à la mise en place d’un instrument international juridiquement contraignant sur le devoir de vigilance face aux violations des droits humains et de l’environnement par les multinationales, projet initié par l’ONU avec le soutien des pays du sud et saboté par l’UE.

Une UE qui continue à négocier des traités de libre-échange cassant ainsi toute possibilité de construction d’un protectionnisme solidaire responsable, qui plus est sans étude d’impact (cas du CETA avec le Canada) mais avec recours aux tribunaux d’arbitrage privés.

Une UE qui continue à tolérer en son sein des Etats qui offrent aux GAFAM des conditions de dumping fiscal extravagantes quand ce ne sont des Etats paradis fiscaux.Une UE féal de l’OTAN et donc contrainte d’augmenter ses dépenses militaires avec des clauses de défense mutuelles rendues opérationnelles ; donc une UE féal des USA et incapable de réagir face aux pressions américaines comme c’est d’ores et déjà le cas avec l’Iran.

La France Insoumise Lens réaffirme ses attentes  vis-à-vis d’une UE renouvelée :

1 attentes de protection de nos modes vie basés sur l’économie et le partage, de notre environnement, de notre modèle social hérité du programme du CNR, de notre artisanat et de nos industries par la mise en œuvre progressive d’un protectionnisme solidaire, de nos intérêts stratégiques bien compris (indépendance et coopération) ;

2 attentes vis à vis de l’extension du principe de laïcité c’est-à-dire d’un espace public neutre dans lequel les citoyens s’efforcent de rechercher une vérité fondée sur la rationalité, une laïcité qui porte la promesse de paix, de liberté, d’égalité, de fraternité contre les replis communautaires et les crispations nationalitaires ;

3 attentes d’un accueil digne des réfugiés fuyant les guerres et les désastres climatiques causés par un capitalisme destructeur ;

4 attentes d’une Europe qui remette la culture artistique, littéraire, musicale, comme exigence première pour la coexistence harmonieuse des peuples européens et pour donner enfin un sens à la notion même d’Europe ;

5 attentes d’une Europe qui refuse l’anglosaxonisation à marche forcée de notre cadre de vie et de notre langue, le français devant, à l’heure du Brexit, reprendre toute la place que les « managers » publics et privés se sont acharnés à supprimer.

Ces attentes ne pourront pas être satisfaites dans le cadre des traités européens actuels quoiqu’en disent les socio-traitres. Elles ne le seront pas non plus en restant au-dehors quoiqu’en disent les frexiteurs car ceux-là feignent d’ignorer que le monde a changé et que la question est maintenant de résister en créant un alter-monde et dans le cas présent une alter-Europe. Il est peut-être temps d’envisager un fonctionnement de l’Europe en plusieurs cercles et d’abord un premier cercle avec ceux qui partagent avec nous une volonté de rebâtir l’Europe autrement en mettant l’humain au centre et non plus la finance, mais aussi d’arrimer la Russie , de se garder de l’appétit chinois pour ses pépites technologiques et industrielles, de parler d’immigration d’une seule voix en supprimant immédiatement la procédure infernale dite de Dublin.

L’UE doit donc être déconstruite et reconstruite de l’intérieur et les euro-députés France Insoumise que vous allez élire dimanche 26 mai 2019 s’y engageront avec la fougue et la volonté que l’on reconnait à leurs collègues de l’Assemblée Nationale. Faisons en sorte qu’ils soient nombreux de manière à être en mesure de former un groupe parlementaire avec leurs collègues regroupés dans la coalition Maintenant le Peuple !

Vive l’Europe Insoumise !

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