Changer l’UE ! 4 L’inconstance et les mensonges du RN/FN

1 Rappelons tout d’abord quelques « fondamentaux » du FN :


à commencer par la xénophobie, c’est à dire l’hostilité à l’égard de tout ce qui est étranger, ou considéré comme différent d’un groupe défini. Cette définition s’applique parfaitement aux idées du FN, qui considère la France comme une nation caucasienne, judéo-chrétienne, et qui considère tout ce qui est différent de cela comme mauvais ou dangereux.


Ensuite constatons qu’une bonne partie des cadres historiques et actuels (on peut citer Wallerand de Saint-Just) du parti sont des grands-bourgeois, des cadres du système, système que Marine Le Pen dit pourtant vouloir combattre. Elle est donc la candidate de l’aristocratie, comme le démonte Monique Pincon-Charlot.

Mais elle est aussi la candidate du nationalisme le plus dur. Officiellement, le FN se dit éloigné de tous les groupuscules nationalistes et xénophobes mais dans la réalité, ils travaillent ensemble, certains membres ou ex-membres du Bloc Identitaire par exemple ont même des postes à responsabilité. Et on peut ajouter toutes les condamnations « raciales » des membres du parti pour injures raciales : meurtres, coups et blessures, apologie de crime contre l’Humanité, injures raciales (on se rappelle notamment des déclarations sur Mme Taubira), négationnisme, provocation à la haine raciale, à la violence, à la discrimination, images détournées et/manipulées pour créer des amalgames…

Le FN est LE parti le plus poursuivi de France, et le plus condamné de France. Après, il se permet de critiquer la justice, la « ripoublique », et se vante d’être « anti-système ». Marine se dit même être « la candidate du peuple contre la droite du fric et la gauche du chic ». Ah, d’accord, être anti-système et pour le peuple, c’est voler les Français encore plus efficacement que les autres partis. Or le parti accumule les casseroles, sans compter les petits arrangements en famille. Au niveau européen  le parti est accusé « d’escroquerie en bande organisée ».

En 30 ans, le FN est passé d’un parti d’opposition d’extrême droite ultra-libéral (Le Pen père était un grand fan de Reagan) à un parti étatique et protectionniste. Ils sont passés de la défense de l’UE à sa critique. Ils sont passés de la critique totale de l’Etat à la défense d’un Etat protectionniste à mort. Ils sont passés de la défense des actionnaires à une critique discrète de « l’oligarchie » tout en restant flou sur ce qu’ils mettent derrière ce mot. On n’entend jamais personne du FN critiquer les actionnaires à proprement parler puisqu’ils fréquentent les mêmes cercles.

Le programme de Marine Le Pen ne mentionne jamais les méfaits de la mondialisation capitaliste sur les petites gens, des chômeurs aux stagiaires en passant par les ouvriers, les intérimaires, les immigrés etc. Dans son programme, elle ne parle pas une seule fois des actionnaires, des PDG, des dividendes monstrueux que certains patrons (qui peuvent être bien Français, et qui dont ne seraient pas du tout menacés par la « préférence nationale ») se versent au détriment des employés et de leur salaire.

Alors, ce qui affaiblit notre économie, ce serait l’étranger ? Et on serait capable de faire repartir notre économie en mettant des gens dehors (hors du pays, ou à la rue) ou en refusant de les soigner (comme le veut MLP en supprimant l’AME, aide médicale d’état) plus efficacement qu’en s’attaquant à l’ultra-libéralisme, version totalitaire du capitalisme ? C’est ce que croit le FN, et c’est sa plus grossière erreur. Le protectionnisme nationaliste qu’envisage le FN revient à penser qu’un ouvrier français exploité par un patron français est plus heureux de sa condition qu’un ouvrier français exploité par un patron étranger, ou qu’un étranger exploité par un patron français. Ça n’a aucun sens de remettre en cause la mondialisation sans remettre en cause le capitalisme. Avec la xénophobie comme meilleure arme (alors que ça n’a aucune efficacité politique), le FN ne résoudra jamais la crise.

Dès qu’un combat dit « féministe » se met en place dans la société, le Front National se tient à distance ou se met carrément en opposition. Le droit des femmes de disposer librement de leur corps n’est pas en très bonne posture à l’extrême droite. Le FN vote régulièrement contre tous les droits des femmes. Loi contre le harcèlement ? Contre. Loi contre la prostitution ? Contre. Loi pour l’égalité hommes-femmes ? Contre. C’est affligeant. Selon de nombreux élus FN (on pense Dominique Martin, eurodéputé), si les femmes restaient à la maison, cela réglerait les problèmes de chômage, et même de sécurité (car les enfants seraient mieux encadrés). Elle sont géniales et tellement modernes, les idées d’égalité et de parité selon le Front National ! Le FN sous-entend aussi régulièrement que seuls les étrangers (tiens, encore eux) maltraitent leurs femmes. Marion Maréchal-Le Pen a également soufflé l’idée qu’elle voulait couper les subventions des Planning Familiaux. C’est elle aussi qui a inventé la belle expression d’ « avortement de confort ». Le parti, lui, utilisait il y a quelques années le terme de « génocide anti-français » pour parler de l’avortement.

Le FN a beau dire qu’il place l’écologie « au coeur du développement », on ne trouve rien ou presque qui le justifie. Il parle de préserver le nucléaire (sans plus de précisions : ni durée, ni préconisations de comment) et Fessenheim, il parle de « préserver la nature » (comment ?) mais continue de soutenir les idées de croissance et de développement économique alors que l’on sait que le tout est incompatible. Les grands projets ne posent aucun souci au FN, tandis que les éoliennes, si ! Le pseudo « juste milieu » de ce programme environnemental en réalité très conservateur ne s’appuie que sur des mots creux. Le Pen ferait-elle du Macron ? Quand le FN parle de la terre, c’est toujours de manière patriotique (la terre des ancêtres, celle qui nourrit). Quand on lit le programme, on s’aperçoit bien que le réchauffement climatique, l’écosystème, la biodiversité, ne sont pas les sujets traités. Tout ce qui compte, c’est que les Français puissent exploiter « leur » terre dans le « respect des lois de la nature ». Le « comment » ( on fait comment pour forcer la FNSEA, ou Total, ou Areva à respecter la nature ?) n’est jamais abordé. La seule solution avancée par le FN, c’est de développer le local, de prioriser l’achat « en France » pour réduire les circuits. En fait, l’écologie au FN est uniquement une excuse pour fermer les frontières. Faire de l’écologie « patriote », c’est nier le problème écologique, qui est global, mondial. C’est nier que nos entreprises françaises exploitent et polluent dans d’autres pays, créant toujours plus de misère et de migrations. C’est rendre caduc l’intérêt même de parler d’écologie. Si c’est pour le faire aussi mal, autant ne pas le faire du tout.

Les pro-FN répètent souvent cet argument  « Les autres partis ils sont nuls et corrompus, eux (le FN) on les a jamais essayé, il faut essayer, on verra bien ». Sauf que le FN a déjà eu l’occasion de diriger au niveau local, des mairies par exemple. Et dans de très nombreuses mairies que le FN a eu le loisir de diriger, les scandales n’ont pas manqué. Fermeture de centres sociaux, d’associations, de maisons du vivre-ensemble à Beaucaire, arrêtés anti-mendicité, tentative de couvre-feu , suppression de la gratuité de la cantine scolaire, j’en passe. Le FN, qui se dit le parti du peuple, semble plutôt en guerre contre ceux qui sont les plus fragiles économiquement. Ajoutons que dans la majorité des mairies FN, les frais de fonctionnement ont augmenté, qu’il y a eu des cas d’intimidation d’élus FN envers des fonctionnaires déjà en poste, des recrutements étranges, des réunions et conseils à huis-clos avec impossibilité pour les journalistes d’y assister (ce qui est anti-démocratique). Et enfin, de nombreux cas de stigmatisation, comme le fichage des élèves musulmans, des provocations pendant certaines fêtes religieuses non-chrétiennes, une potentielle discrimination pour l’accès aux logements sociaux, l’interdiction de certains spectacles ou meetings car ils ne plaisaient pas à la mairie en place, des tentatives pour changer le nom de rues ou d’écoles.

2 Examinons maintenant la posture du FN par rapport à l’Union Européenne :

Marine Le Pen veut désormais changer l’Union européenne de l’intérieur avec ses alliés nationalistes. A mille lieues du Frexit qu’elle préconisait encore en 2017…Plus question donc de sortie de la France de l’UE, ce Frexit que Marine Le Pen voulait encore soumettre au référendum lors de la présidentielle de 2017. Plus question non plus de sortir de l’euro, une mesure en tête du programme du FN lors des dernières européennes – victorieuses – de 2014. La stratégie est désormais d’investir les institutions bruxelloises afin de les bousculer de l’intérieur.

Mais qu’ont donc fait les eurodéputés frontistes pendant cinq ans si ce n’est trahir leurs engagements ?

Alors que le FN aime se prévaloir d’un discours social, au Parlement européen les eurodéputés frontistes montrent un tout autre visage : ils se désintéressent des accords de libre-échange et de leurs conséquences, refusent de lutter contre les délocalisations, soutiennent le « secret des affaires » qui protège les multinationales, s’opposent à l’égalité femmes-hommes au travail, freinent la prévention des cancers professionnels ou la lutte contre l’évasion fiscale. Les votes des députés d’extrême-droite démontrent qu’ils ne se préoccupent pas des intérêts des travailleurs, et ne souhaitent pas une société moins injuste.

L’affaire des « faux » assistants parlementaires du Front national au Parlement européen, qui ont valu à Marine Le Pen une demande de levée de son immunité parlementaire, a mis en lumière combien le parti d’extrême-droite a su profiter matériellement de sa présence à Bruxelles et à Strasbourg. Avec une vingtaine de sièges d’eurodéputés remportés en 2014, le FN a mis la main sur une manne qui lui a permis de rémunérer élus et permanents. Mais qu’en a-t-il fait politiquement ?

Dans sa campagne électorale, le Front national et sa candidate Marine Le Pen avait cherché à attirer le vote des travailleurs et des déçus de la gauche, en s’appropriant certains symboles comme la retraite à 60 ans. Ils ne cessaient de dénoncer les délocalisations, la finance et les lobbys. L’Union européenne et la monnaie unique étaient présentées comme la source exclusive de tous nos maux économiques et sociaux.

L’historique des votes des eurodéputés FN au Parlement européen raconte une toute autre histoire. Qu’il s’agisse de libre-échange, d’améliorer la sécurité des travailleurs, d’égalité professionnelle, de secret des affaires ou de droits syndicaux, les parlementaires frontistes ratent rarement une occasion de démontrer leur dédain total pour les travailleurs et leurs intérêts. Ils se montrent particulièrement actifs pour saborder les modestes efforts des parlementaires de Bruxelles pour promouvoir une Europe plus sociale. Le bilan des élus frontistes au Parlement européen met en lumière le vrai visage économique et social de l’extrême-droite : le mépris pour les salariés, français et étrangers.

Accords de libre-échange : le FN s’en moque

Premier constat : sur les grands sujets que Marine Le Pen met en avant en France pour dénoncer l’Europe et ses « diktats », comme la directive travailleurs détachés ou les accords de libre-échange type Tafta ou Ceta, les eurodéputés frontistes ne paraissent pas franchement mobilisés. Entre les discours fervents à destination des électeurs français et la réalité des votes au Parlement, c’est parfois le grand écart. Déjà, en avril 2014, lors de la précédente législature, Marine Le Pen avait choisi de s’abstenir, plutôt que de voter contre la directive sur les travailleurs détachés, malgré ses critiques virulentes contre ladite directive en France. En mars 2016, à nouveau, l’eurodéputé LR Jérôme Lavrilleux a publiquement dénoncé l’absence de l’ensemble des frontistes lors d’un débat au Parlement sur les travailleurs détachés.

Même observation en ce qui concerne les accords de libre-échange. Le 28 mai 2015, la commission « Commerce international » – dont Marine Le Pen est membre titulaire – se prononce sur le projet d’accord de libre-échange transatlantique, ce fameux Tafta que la patronne du FN ne cesse de pourfendre dans ces discours. Mais elle n’a pas jugé bon de faire le déplacement. Ni d’ailleurs son suppléant d’alors, Aymeric Chauprade. Bis repetita en janvier 2017, lorsque la commission Commerce international est saisie de l’accord de commerce entre Europe et Canada, le Ceta, qui contient les mêmes dispositions controversées que le Tafta. Marine Le Pen veut bien faire le déplacement pour voter contre le Ceta en plénière devant les caméras, mais quand il s’agit de mener les batailles concrètes en commission, elle a visiblement mieux à faire. Pendant ce temps, organisations non gouvernementales, mouvements sociaux et eurodéputés de gauche et écologistes se mobilisaient.

Lutter contre les délocalisations : Marine Le Pen s’y refuse

Toujours dans le domaine commercial, une importante bataille se livre en mai 2016 au sujet de la Chine. La Commission aussi bien que le Conseil européen envisagent alors d’accorder à la Chine le statut d’économie de marché. Cela aurait davantage ouvert les portes des marchés européens aux produits chinois, à un moment où de nombreux secteurs industriels souffrent de la concurrence chinoise et de son dumping social. Les eurodéputés votent finalement une résolution appelant la Commission à refuser à la Chine ce statut d’économie de marché. Les parlementaires frontistes se sont abstenus…

C’est encore pire en ce qui concerne les délocalisations industrielles, un autre cheval de bataille du parti d’extrême-droite en France. En octobre dernier, suite à l’annonce de la fermeture d’une usine Caterpillar en Belgique et à la menace de fermeture de l’usine Alstom de Belfort, le Parlement européen adopte une résolution sur la lutte contre la désindustrialisation en Europe. Cette fois, les eurodéputés frontistes votent carrément contre, à l’exception de Florian Philippot.

Le « secret des affaires » protégeant les multinationales : le FN vote pour

L’un des votes qui a le plus été reproché aux eurodéputés frontistes est leur soutien à la directive « secret des affaires », adoptée par le Parlement européen au printemps 2016 malgré une campagne virulente de la société civile, des journalistes et des syndicats. Ce texte comporte des risques graves de régression en matière de droit à l’information et expose tous ceux qui s’intéresseraient de trop près aux activités des entreprises à des poursuites judiciaires. Là encore, les invectives répétées du FN contre les lobbys et le manque de transparence des institutions européennes ne l’empêchent pas de valider un texte en contradiction flagrante avec ces beaux discours. D’autant plus que la directive a été directement inspirée par des cabinets de lobbying au service de grandes multinationales, qui ont travaillé main dans la main avec la Commission, comme l’a montré une enquête de l’ONG bruxelloise Corporate Europe Observatory. C’est peut-être pourquoi Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen et lui aussi eurodéputé, a cherché ultérieurement à prétendre, face à des journalistes, que le FN n’avait en fait pas voté pour cette directive…

Pourquoi les députés FN soutiennent-ils une telle mesure favorable aux multinationales, à leurs stratégies de contournement de l’impôt, à leurs pratiques néfastes en matière sociale ou environnementale ? Sans doute parce que le parti d’extrême droite s’accorde avec la vision du monde de certains grands groupes français qui se sentent menacés par la concurrence « étrangère ». Les révélations des Panama Papers, quelques jours auparavant, ont aussi probablement joué un rôle. Des proches de Marine Le Pen comme Frédéric Chatillon – ancien militant du groupuscule néofasciste violent Gud – et l’expert-comptable Nicolas Crochet, ont ainsi été mis en cause. Ils avaient recouru à des montages financiers « offshore » pour mettre à l’abri dans des paradis fiscaux des fonds provenant de leur société Riwal, principal prestataire du FN pour sa communication. Le but de l’opération était, selon leur propre aveu au Monde, d’« échapper à la pression médiatique ». La directive « secret des affaires » compliquera ce type d’investigations.

Renforcer le pouvoir des salariés : le FN vote contre

Malgré leur rhétorique sur les attaques contre les travailleurs, les eurodéputés frontistes ne sont pas tendres envers les syndicats. Lors du vote de la résolution du Parlement européen sur les affaires Alstom et Caterpillar, ils ont rejeté une série d’amendements visant à renforcer les droits des salariés et de leurs représentants face aux restructurations et aux licenciements boursiers, et à les associer plus étroitement à la définition des stratégies des entreprises.

Lors de l’adoption de la loi travail en France en 2016, alors même que Marine Le Pen dénonçait publiquement le texte, les sénateurs FN David Rachline et Stéphane Ravier ont cherché à y inclure en douce, avant de les retirer, plusieurs amendements visant à réduire les droits syndicaux, notamment dans les petites entreprises, et supprimer certains droits sociaux comme le compte pénibilité. De quoi ravir le patronat.

Droits des femmes et égalité au travail : le FN vote contre

La défense des droits des travailleuses et de l’égalité au travail ne semble pas compatible avec la vision du monde du Front national. Ils « ont voté contre les huit rapports présentés au Parlement européen depuis 2014 visant à renforcer les droits des femmes, écrit Pervenche Bérès. Ils sont opposés au congé maternité harmonisé à 20 semaines partout en Europe et rémunéré à 100 % ; ils sont contre un salaire égal entre les femmes et les hommes à compétences égales. » L’eurodéputé frontiste Dominique Martin a défendu en séance la « liberté des femmes de ne pas travailler » et de « s’occuper de leur foyer », à laquelle il faudrait accorder selon lui une importance au moins égale à celle de l’égalité salariale.

Prévenir les cancers professionnels : le FN vote contre

Le Front national est tout aussi absent sur les questions de santé et de sécurité au travail. Une proposition de directive sur les cancers au travail a été élaborée au Parlement. Les eurodéputés de la commission Emploi ont souhaité renforcer la proposition très faible élaborée par la Commission en fixant des seuils d’exposition plus stricts et en incluant de nouvelles substances dans la liste des produits potentiellement toxiques. Les deux députés FN qui siègent dans cette commission, Dominique Martin et Joëlle Ménil, sont parmi les rares à s’y être opposés.

Lutter contre l’évasion fiscale : le FN vote contre

Une grande partie des votes négatifs des eurodéputés FN contre des mesures visant à défendre les travailleurs et les classes défavorisées semblent motivés par le refus de toute avancée sociale dès lors qu’elle se situe au niveau européen. Ils rendent Bruxelles et l’euro responsables de la détresse sociale que connaissent de nombreux Français, mais contribuent dans le même temps à bloquer toutes les tentatives d’atténuer le carcan néolibéral qui pèse aujourd’hui sur l’Europe.

Quand bien même ils ne cessent de dénoncer l’évasion fiscale des multinationales – du moins quand elles sont états-uniennes –, ils ont refusé de voter en faveur d’une résolution du Parlement, adoptée en décembre 2015, sur la lutte contre l’évasion fiscale en améliorant « la transparence, la coordination et la convergence des politiques en matière d’impôts sur les sociétés au sein de l’Union ». Explication de ce refus ? Cela risquait d’encourager une évolution vers une « union fiscale ».

Socle européen des droits sociaux : le FN vote contre

la proposition de créer un « socle européen des droits sociaux ». Ce socle est destiné à compléter l’architecture européenne et à lutter contre le dumping social en formalisant un seuil minimal de droits sociaux en deçà desquels les États membres ne devraient pas descendre. Les parlementaires frontistes considèrent qu’il s’agit d’une atteinte inacceptable à la souveraineté nationale.

De manière similaire, ils ont voté en septembre 2016 contre une résolution du Parlement européen sur la lutte contre le dumping social en Europe, au motif que la seule et unique solution à ce problème était selon eux de supprimer la directive sur les travailleurs détachés. Ils refusent donc de s’associer de quelque manière que ce soit aux efforts mis en œuvre par le Parlement européen pour l’améliorer. Il est vrai que de nombreuses voix à gauche sont sceptiques sur ces efforts, mais c’est surtout en raison de l’opposition des pays d’Europe de l’Est, et non par refus de principe d’une action à l’échelle européenne.

Toujours selon la même logique, les eurodéputés FN « ont voté contre la proposition d’un registre commercial transparent et accessible de toutes les entreprises de l’Union ; contre, encore, la création d’une agence européenne du transport routier, chargée de faire appliquer correctement la législation de l’Union et de promouvoir la coopération entre tous les États membres sur ces questions », rappelle encore Pervenche Bérès.

Pour le FN, visiblement, mieux vaut pas de solution qu’un début de solution européenne.

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