CALL : le scandale de l’eau

Malgré un prix de 6 millions d’euros supérieur à l’offre de Suez, Veolia a été reconduit une nouvelle fois par la communauté d’agglomération Lens-Liévin pour assurer le traitement de ses eaux usées. Le tout sans véritable débat public et au terme d’une procédure plutôt rapide. En deux minutes le conseil d’agglomération de Lens-Liévin a délégué la gestion de son système d’assainissement à « Veolia Eau » le 17 décembre dernier. Pas une seule question, ce qui a étonné jusqu’au vice-président chargé de présenter la délibération. Pas d’objections ; les élus RN et PCF de l’assemblée se cantonnant dans une abstention aux considérants assez flous.

Les conseillers avaient pourtant matière à interpeller l’exécutif présidé par le maire socialo-macroniste de Lens, Sylvain Robert. Nulle part dans le texte adopté, le montant de la délégation du service public (DSP) de l’assainissement n’est indiqué ! Selon Mediacités, Veolia s’est engagée à assurer la prestation, sur sept ans, pour 76,4 millions d’euros. Or, ce montant est nettement supérieur à celui soumis par Suez, concurrente de Veolia dans cet appel d’offres (environ 70 millions d’euros). Ainsi l’agglomération s’est privée d’un gain de six millions d’euros. On apprend aussi que  Veolia, qui était déjà exploitant du service de l’assainissement depuis 2008, a baissé son prix à l’occasion de ce renouvellement de concession . . .

En fait les débats concernant le choix de la gestion de l’assainissement (DSP) et le choix du délégataire (Veolia) ont eu lieu bien avant, en réunions de commissions et de bureau.

 – fin 2019, un rapport est commandé à un cabinet d’expertise privé (payé assez cher avec nos sous) sur le meilleur choix possible pour gérer l’assainissement. Ces cabinets d’expertise n’orientent jamais vers une régie et les élus peuvent se retrancher derrière cet avis. D’où le choix d’une DSP.

 – Un appel d’offres est ensuite lancé pour choisir un délégataire. Il aurait été intéressant de connaitre en quels termes il était rédigé, et quels furent précisément les retours (par Veolia et Suez).

 – Il est certain que Veolia avait une longueur d’avance sur son concurrent : ses techniciens sont sur place, connaissent le terrain.   Suez possède ses propres équipes. Ce qui permet de dire que la soit disant concurrence n’est qu’un leurre. A 95% le délégataire en place est reconduit. Notons que lorsqu’un retour en régie est décidé, les choses sont différentes: les techniciens de l’entreprise privée sont prioritaires à l’embauche pour la nouvelle régie.

Ce qu’il aurait fallu pour y voir clair et pouvoir argumenter, c’est: – obtenir le rapport d’expertise qui a orienté vers une nouvelle DSP (rapport réclamé en vain par l’association Eau Secours) – avoir en mains l’appel d’offres et les retours d’appel d’offres.

La France Insoumise Lens dénonce cette gestion de derrière le rideau, l’absence totale de transparence et le gaspillage des deniers publics. Ce pseudo choix du prestataire est d’autant plus une farce grotesque que le géant Veolia est en passe d’absorber son concurrent Suez, ce genre d’opération boursière poursuivant la mondialisation de la gestion de l’eau avec toutes les conséquences économiques et sociales que nous connaissons. De plus l’eau ruisselle et arrose, c’est bien connu, et on aimerait en connaître le débit.

La France Insoumise Lens avait formulé dans son programme municipal l’exigence de la création d’une Régie Publique socialisée permettant aux citoyen(ne)s de contrôler les décisions prises et de faire baisser le prix de ce bien commun vital qu’est l’eau. Nous maintenons plus que jamais cette exigence et déplorons le silence d’une opposition de pacotille incapable de défendre les intérêts du peuple dès qu’il s’agit de laisser la place au capital.

Le scandale Maxam Tan à Mazingarbe

Abandon de site Seveso « seuil haut » et fuite devant ses responsabilités : tel est le comportement de patron voyou de l’entreprise madrilène propriétaire de Maxam Tan, qui laisse ses salariés (moyennant l’octroi d’une « prime de sécurisation ») assumer la sécurité d’une cuve contenant 750 tonnes d’ammoniac hautement toxique, pouvant monter en pression et tuer des dizaines de personnes. Un patron qui refuse même de discuter avec les parties prenantes du territoire sur l’avenir du site et de négocier un PSE.  La liquidation judiciaire a été prononcée début janvier 2021.

Qui plus est la maison-mère MaxamCorp contrôlée par le fonds d’investissement américain Rhône Capital, a largement accéléré la faillite : arrêt brutal du travail la filiale ne recevant plus de commandes de la maison-mère,  transfert des activités de négoce, rentables, vers d’autres entités de MaxamCorp, existence de créances intergroupes non recouvrées…Bref les manipulations classiques malheureusement tolérées par la législation, permettant de se débarrasser d’une entité estimée pas assez rentable.

Que lit-on sur leur site web ? « MAXAM produit à Mazingarbe des matières premières clés pour l’activité nitro-chimique. Le nitrate d’ammonium fabriqué sur le site est largement connu et utilisé dans le monde entier comme matière première stratégique. Maxam a consacré d’importants efforts à la mise à jour des installations afin de maximiser les normes de sécurité et d’environnement. Nous avons réalisé un investissement de plus de 10 millions d’euros en 7 ans pour assurer la qualité, la sécurité, la protection de l’environnement ».

Donc l’opportunité d’occuper un site Seveso, un produit stratégique et des dépenses de sécurisation. Mais le capitalisme financier, ultime mue des plus perverses du capital, n’en a cure et à la moindre fluctuation du marché il n’hésite pas, après avoir profité de subventions publiques, à sacrifier le sort de 74 salariés d’un site stratégique. Il restera à réhabiliter ce site de 160 hectares, dont les sols sont extrêmement pollués et pour cela il faudra  entre 80 et 100 ans et certainement beaucoup d’argent public !

 La France Insoumise Lens soutient les salariés de Maxam Tan dans leur lutte et dénonce une fois de plus l’irresponsabilité de ce capitalisme financier qui nous maltraite. Seul un gouvernement de gauche radicale mettant en œuvre une planification économique et écologique permettra d’en venir à bout afin que nous redevenions maîtres de notre avenir.

Déclaration commune de la Fédération nationale de la Libre Pensée et du Groupe parlementaire de la France Insoumise

Posté leAuteuradmin

Le parlement est occupé actuellement par le débat sur le projet de loi « Respect des principes républicains » communément nommé « contre le Séparatisme ». Ce texte long, parfois confus tant il survole de sujets sans apporter de réponses pertinentes aux problèmes évoqués, ne vise pour l’essentiel, qu’à mettre en place de nouvelles possibilités d’intrusions, de sanctions et de dissolutions des associations cultuelles et en particulier celles qui organisent le culte musulman. Il en résulte concrètement une suspicion accrue en leur direction.

Ce projet de loi ne contient aucune proposition positive renforçant la laïcité et les libertés publiques, et préserve les atteintes anti-laïques du Concordat d’Alsace-Moselle, du Régime de Vichy, de la loi Debré et de la loi Carle. Toutes les propositions contenues dans ce texte ne sont que du domaine de la sanction accrue, sont autant d’atteintes à la liberté de conscience de chacun et de tous ainsi que l’ensemble du mouvement associatif qui percevra des fonds publics. Désormais, chaque association subventionnée devra adopter un fumeux « contrat d’engagement républicain » à l’efficacité quasi inexistante, mais qui renforce une suspicion généralisée à leur encontre. Enfin, après les cadeaux de la loi Blanquer à l’école privée essentiellement confessionnelle, le projet de loi accorde encore des faveurs financières supplémentaires aux cultes en modifiant la loi de 1905.

Lors de la première semaine de débat, on a déjà constaté une multiplication de propos blessants et vexatoires contre certains de nos concitoyens, pacifiques et sans liens avec les attentats qui ont endeuillé notre pays, en raison de leur religion. Le Gouvernement et le Président de la République porte l’entière responsabilité de ce déchainement de passion contre une partie de la population, qui ne renforce en rien la laïcité, bien au contraire.

Comment ne pas constater cette chose étrange : bien peu d’associations et organisations ne veulent de ce projet de loi et pourtant, plein d’arrière-pensée, le gouvernement s’entête.

  • Les associations historiques de la laïcité ne veulent pas de ce projet de loi et le repoussent avec force et vigueur.
  • Les associations de défense des Droits de l’Homme et de lutte contre le racisme n’en veulent pas plus et le combattent avec énergie

Les organisations syndicales le repoussent.

  • Le PS, le PCF, EELV, Génération’s et beaucoup d’autres formations politiques ne le soutiennent pas non plus.
  • Les organisations patronales s’inquiètent des conséquences prévisibles de tension dans les entreprises.
  • La plupart des cultes affirment leurs désaccords et leurs craintes devant un tel projet de contrainte.
  • La plupart des Obédiences maçonniques le conteste fortement.
  • La Commission nationale consultative des Droits de l’Homme, le Mouvement associatif, la Défenseure des droits le récusent, le Conseil d’État a retoqué un grand nombre de dispositions du projet de loi initial et interroge sur la pertinence de mesures maintenues.
  • Mme la Haute Commissaire aux droits de l’Homme et plusieurs rapporteurs spéciaux à l’ONU ont manifesté leurs désaccords et leurs inquiétudes.

• La Droite et l’Extrême-Droite estiment qu’il ne va pas assez loin dans la répression et la suspicion contre nos concitoyens de confession musulmane (réelle ou supposée) et elles en appellent à l’intensification des menées liberticides.

• Enfin la « Majorité », censée le soutenir, s’entredéchire et se disperse en de multiples éclatements aux positions contradictoires.

Dès lors, une question se pose : peut-on gouverner ainsi ? Pourquoi emprunter cette voie de tensions permanentes ? Et pourquoi ne jamais aborder dans ce texte les graves problèmes que rencontrent nos concitoyens (service publics dégradés, écoles publiques affaiblies, pauvreté en hausse, mal logement, ségrégations sociales et spatiales, etc..) et qui fracturent pourtant gravement notre société ?

Le Groupe parlementaire de la France insoumise mène une action résolue à l’Assemblée nationale pour empêcher les menées dangereuses pour les libertés publiques de voir le jour. La Fédération nationale de la Libre Pensée lui apporte son plein soutien dans cette action.

La Fédération nationale de la Libre Pensée, de son côté, agit avec le Collectif d’associations et de syndicats pour le retrait de cette loi et le Groupe parlementaire de la France insoumise lui apporte son concours plein et entier dans cette démarche de défense des libertés.

La première des libertés est la liberté de conscience, la deuxième est la liberté d’expression, la troisième est celle de la liberté d’association. Ces trois libertés fondamentales sont menacées par cette proposition liberticide de loi gouvernementale.

C’est pourquoi, nous demandons le retrait pur et simple du projet de loi prétendument de « Respect des principes républicains ».

Paris, le 9 Février 2021