Le budget 2020 de la ville de Lens : on continue comme avant !

La France Insoumise Lens constate et déplore la persistance dans les orientations budgétaires de la ville de Lens au mépris des souhaits de la population : rien sur la transition énergétique et écologique, rien pour le rééquilibrage territorial entre le centre ville et les cités,  poursuite du bétonnage et endettement accru.

En effet  pour la première fois depuis 2015, la Ville aura recours à l’emprunt pour 5,2 M€. Rappelons que l’encours de la dette atteint 48 M€, dette  liée pour moitié aux chantiers ANRU (la règle étant : 1 euro financé par l’ANRU si  1 euro est financé par la ville) qu’ont connu la grande résidence et la cité Montgré, le reste étant lié à des queues d’emprunt sur des opérations antérieures de rénovation des cites.

Sur les 11 M€ d’investissements (hors remboursement en capital de la dette pour 4 M€), on note des acquisitions foncières pour 3 M€, des travaux de voirie pour 3,1 M€, une somme d’1 M€  provisionnée pour engager le futur centre aquatique, des frais d’études diverses conséquents dont un montant important pour l’opération Cœur de ville. Bref tout est fait pour perpétuer le vieux clivage lensois centre ville/cités là où partout ailleurs ce déséquilibre centre/périphérie est dénoncé comme un des maux de la société française.

Un bien faible montant par rapport aux besoins : les cités minières du 4 et du 12/14 mériteraient des transformations plus ambitieuses, la transition énergétique et un usage écologique du territoire nécessitent des investissements que la gestion comptable à courte vue de cette équipe municipale continue à ignorer. Rappelons que les montants annuels d’investissement sur la période Delcourt étaient plus proches de 30 M€ que de 10, mais l’équipe actuelle est revenue aux pratiques de l’ère Delelis visant à maintenir les populations concernées dans la dépendance plutôt que de tout faire pour améliorer le cadre de vie.

Sur le fonctionnement (hors autofinancement de 5,6 M€ des dépenses d’investissement) 46,5 M€ y seront consacrés, avec une hausse de 1,15 % par rapport à 2019. Premier poste de dépenses, la masse salariale s’élève à 27,54 M € (+0,99 % par rapport à 2019). Viennent ensuite les TFSE (travaux, fournitures et services extérieurs) pour 14 M€, sans oublier environ 1,4 M€ d’intérêts de remboursement de  la dette. La masse salariale contenue cache en fait un phénomène inquiétant de départ de cadres territoriaux de bon niveau découragés par la médiocrité et la manque d’ambition de cette équipe compensé par l’embauche de personnels moins qualifiés mais plus dociles.

Un budget comme avant, présenté par une équipe municipale qui ne comprend pas que Lens restant une ville pauvre il convient de continuer à investir qui plus est à une époque où les taux d’intérêt sont ridiculement bas et qui ne comprend rien aux enjeux de notre époque. Ajoutons à cela l’absence de retransmission sur les réseaux sociaux du conseil municipal tenu en l’absence du public et nous avons à nouveau la démonstration du style autocrate de cette municipalité faussement de gauche et vraiment de droite.

LENS : le maire s’agite, le fait savoir et se fait grassement rémunérer

La France Insoumise Lens prend connaissance avec tristesse de la composition de la liste des adjoints au maire lors de la réunion  à huis clos  du premier conseil municipal regroupant des survivants du PS, des macronistes, des libéraux, deux acteurs de l’enseignement catholique c’est-à-dire une équipe en marche …arrière.

La principale qualité n’est pas la compétence et l’éparpillement des compétences dans les délégations démontre bien la volonté de fonctionner à quelques uns dans un genre de cabinet noir mode de fonctionnement qui semble complaire au technocrate réélu.

Triste sort pour les lensois !

Ce premier conseil municipal de Lens à vu le maire se faire octroyer par la dite majorité une augmentation de 20% de son indemnité d’élu, qui atteint ainsi 4978 € brut. La population de la ville frappée par une pauvreté endémique et un chômage de masse appréciera à sa juste valeur cette augmentation pharamineuse. Une majorité de godillots, une presse qui ne relève que le côté « légal » de la décision et des fautes politiques des le début du mandat.

Cela promet !

Vigilance et résistance !

Lensoises, Lensois, venez nous rejoindre afin de faire barrage à cette dérive !

Le NON au TCE

La France Insoumise Lens commémore ce 29 mai 2020 le quinzième anniversaire du NON au TCE.

Le 29 mai 2005, le peuple français était appelé à se prononcer sur le Traité Constitutionnel Européen. A l’annonce des résultats, c’est la douche froide pour l’exécutif chiraquien : sur les quelques 41 millions de français à s’être déplacés aux urnes, 54% se sont prononcés contre, refusant de voir déléguer leur souveraineté à une instance européenne sur laquelle ils n’avaient pas de contrôle. Là où les partis majoritaires, UMP et PS en tête, avaient bataillé des mois pour la ratification du traité, c’est la mobilisation populaire qui a permis la victoire du « Non ».

Au Parti Socialiste, un référendum interne avait été organisé en décembre 2004 pour entériner la position du parti sur la question ; si des personnalités comme Arnaud Montebourg, Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon s’étaient alors opposés à ce projet constitutionnel européen, c’est finalement le « oui » qui s’y était retrouvé majoritaire. A une époque où le Parti Socialiste était encore le parti pivot de la gauche française, ce référendum a servi de tremplin à une gauche résolument tournée vers la souveraineté, et le « non de gauche » a été structurant dans l’évolution des rapports de force. Si certains cadres ont simplement décidé de ne pas participer à la campagne, à l’instar d’Arnaud Montebourg, d’autres ont pris la décision de s’armer autrement pour la bataille et de militer pour le « non » hors des cadres du Parti ; c’est en ce sens que, le 17 mars 2005, un premier grand meeting de la gauche du « non » avait été organisé au gymnase Japy, à Paris. A l’initiative du Parti Communiste Français, qui était alors la seule organisation structurante autorisée à faire campagne, Marie-Georges Buffet et Christian Piquet (de la LCR) y présidaient une succession de discours, dont celui de Jean-Luc Mélenchon, qui y pointait du doigt le caractère technocratique et volontairement complexe du texte à ratifier : « Lorsqu’ils vont recevoir le texte, beaucoup de citoyens vont le subir comme une humiliation. Nous-mêmes, rompus à la lecture de ce genre de textes, nous n’y comprenons rien. Je vais vous dire : c’est fait pour ! » Dans ce texte qualifié « d’antisocial », celui qui est alors sénateur de l’Essonne dénonce un projet de traité qui ne fixe que des règles économiques libérales, sans cadre démocratique : « La démocratie, nous ne sommes pas originaux, c’est, pour nous, la souveraineté populaire ! » ; ce meeting, tenu alors que le « non » vient pour la première fois d’être donné en tête, à 51%, par un sondage du CSA, a de quoi faire frémir. Le projet ultra-libéral présenté par l’exécutif et soumis au référendum par un gouvernement sûr de lui, certain qu’il s’apprête à faire avaliser sa position par le peuple lui-même, ne semble pas recueillir l’adhésion espérée. Le « non » de droite est déjà en campagne depuis plusieurs mois, et le « non » de gauche, qui fait suite à la « tribune des 200 » publiée par la fondation Copernic, et signée notamment Marc Dolez, député socialiste du Nord, Eric Coquerel, alors président du Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale, ainsi que les principaux cadres de l’association Pour la République Sociale, fondée en 2004 pour refonder au sein du PS une alternative républicaine, et qui est l’une des associations fondatrices du Parti de Gauche.

Cette campagne du « non de gauche » en 2005 s’est surtout organisée autour des sujets de la lutte contre un capitalisme outrancier qui trouvait dans l’Europe la résonance parfaite pour lancer son grappin sur le vieux continent ; les aversions anti-démocratiques du traité qui était alors soumis à la ratification populaire sonnaient comme une délégation de souveraineté au profit des puissances de l’argent et de la finance mondialisée. Au terme d’une campagne qui a vu le peuple s’emparer d’un sujet politique de premier plan, avec force séances d’éducation populaire pour expliciter le texte proposé, c’est ce projet européen qui a été largement sanctionné par le résultat du vote, et qui a servi de force structurante à la gauche pour les années qui l’ont suivi.

La trahison des élites socialistes, déconnectées de leur base populaire et agissant comme si le PS était devenu un parti-lobby, y perdant son essence antilibérale et tournée vers l’intérêt général, ont largement contribué à ce sentiment qu’un espace s’ouvrait pour une gauche populaire, résolument attachée aux principes de souveraineté, d’indépendance stratégique et politique. Aujourd’hui encore, la lutte contre une Europe libérale qui trahit les intérêts démocratiques et les enjeux sociaux de la population est au cœur de nos préoccupations. Alors que nous célébrons les 15 ans de ce référendum le 29 mai 2020, et bien qu’ait été trahi son résultat par la ratification du traité de Lisbonne en 2007, ces combats demeurent plus que jamais d’actualité à l’heure où l’Europe a montré son incapacité notoire à protéger les populations durant la crise sanitaire à laquelle elle a été confrontée.

PB