LENS : le maire s’agite, le fait savoir et se fait grassement rémunérer

La France Insoumise Lens prend connaissance avec tristesse de la composition de la liste des adjoints au maire lors de la réunion  à huis clos  du premier conseil municipal regroupant des survivants du PS, des macronistes, des libéraux, deux acteurs de l’enseignement catholique c’est-à-dire une équipe en marche …arrière.

La principale qualité n’est pas la compétence et l’éparpillement des compétences dans les délégations démontre bien la volonté de fonctionner à quelques uns dans un genre de cabinet noir mode de fonctionnement qui semble complaire au technocrate réélu.

Triste sort pour les lensois !

Ce premier conseil municipal de Lens à vu le maire se faire octroyer par la dite majorité une augmentation de 20% de son indemnité d’élu, qui atteint ainsi 4978 € brut. La population de la ville frappée par une pauvreté endémique et un chômage de masse appréciera à sa juste valeur cette augmentation pharamineuse. Une majorité de godillots, une presse qui ne relève que le côté « légal » de la décision et des fautes politiques des le début du mandat.

Cela promet !

Vigilance et résistance !

Lensoises, Lensois, venez nous rejoindre afin de faire barrage à cette dérive !

Le NON au TCE

La France Insoumise Lens commémore ce 29 mai 2020 le quinzième anniversaire du NON au TCE.

Le 29 mai 2005, le peuple français était appelé à se prononcer sur le Traité Constitutionnel Européen. A l’annonce des résultats, c’est la douche froide pour l’exécutif chiraquien : sur les quelques 41 millions de français à s’être déplacés aux urnes, 54% se sont prononcés contre, refusant de voir déléguer leur souveraineté à une instance européenne sur laquelle ils n’avaient pas de contrôle. Là où les partis majoritaires, UMP et PS en tête, avaient bataillé des mois pour la ratification du traité, c’est la mobilisation populaire qui a permis la victoire du « Non ».

Au Parti Socialiste, un référendum interne avait été organisé en décembre 2004 pour entériner la position du parti sur la question ; si des personnalités comme Arnaud Montebourg, Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon s’étaient alors opposés à ce projet constitutionnel européen, c’est finalement le « oui » qui s’y était retrouvé majoritaire. A une époque où le Parti Socialiste était encore le parti pivot de la gauche française, ce référendum a servi de tremplin à une gauche résolument tournée vers la souveraineté, et le « non de gauche » a été structurant dans l’évolution des rapports de force. Si certains cadres ont simplement décidé de ne pas participer à la campagne, à l’instar d’Arnaud Montebourg, d’autres ont pris la décision de s’armer autrement pour la bataille et de militer pour le « non » hors des cadres du Parti ; c’est en ce sens que, le 17 mars 2005, un premier grand meeting de la gauche du « non » avait été organisé au gymnase Japy, à Paris. A l’initiative du Parti Communiste Français, qui était alors la seule organisation structurante autorisée à faire campagne, Marie-Georges Buffet et Christian Piquet (de la LCR) y présidaient une succession de discours, dont celui de Jean-Luc Mélenchon, qui y pointait du doigt le caractère technocratique et volontairement complexe du texte à ratifier : « Lorsqu’ils vont recevoir le texte, beaucoup de citoyens vont le subir comme une humiliation. Nous-mêmes, rompus à la lecture de ce genre de textes, nous n’y comprenons rien. Je vais vous dire : c’est fait pour ! » Dans ce texte qualifié « d’antisocial », celui qui est alors sénateur de l’Essonne dénonce un projet de traité qui ne fixe que des règles économiques libérales, sans cadre démocratique : « La démocratie, nous ne sommes pas originaux, c’est, pour nous, la souveraineté populaire ! » ; ce meeting, tenu alors que le « non » vient pour la première fois d’être donné en tête, à 51%, par un sondage du CSA, a de quoi faire frémir. Le projet ultra-libéral présenté par l’exécutif et soumis au référendum par un gouvernement sûr de lui, certain qu’il s’apprête à faire avaliser sa position par le peuple lui-même, ne semble pas recueillir l’adhésion espérée. Le « non » de droite est déjà en campagne depuis plusieurs mois, et le « non » de gauche, qui fait suite à la « tribune des 200 » publiée par la fondation Copernic, et signée notamment Marc Dolez, député socialiste du Nord, Eric Coquerel, alors président du Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale, ainsi que les principaux cadres de l’association Pour la République Sociale, fondée en 2004 pour refonder au sein du PS une alternative républicaine, et qui est l’une des associations fondatrices du Parti de Gauche.

Cette campagne du « non de gauche » en 2005 s’est surtout organisée autour des sujets de la lutte contre un capitalisme outrancier qui trouvait dans l’Europe la résonance parfaite pour lancer son grappin sur le vieux continent ; les aversions anti-démocratiques du traité qui était alors soumis à la ratification populaire sonnaient comme une délégation de souveraineté au profit des puissances de l’argent et de la finance mondialisée. Au terme d’une campagne qui a vu le peuple s’emparer d’un sujet politique de premier plan, avec force séances d’éducation populaire pour expliciter le texte proposé, c’est ce projet européen qui a été largement sanctionné par le résultat du vote, et qui a servi de force structurante à la gauche pour les années qui l’ont suivi.

La trahison des élites socialistes, déconnectées de leur base populaire et agissant comme si le PS était devenu un parti-lobby, y perdant son essence antilibérale et tournée vers l’intérêt général, ont largement contribué à ce sentiment qu’un espace s’ouvrait pour une gauche populaire, résolument attachée aux principes de souveraineté, d’indépendance stratégique et politique. Aujourd’hui encore, la lutte contre une Europe libérale qui trahit les intérêts démocratiques et les enjeux sociaux de la population est au cœur de nos préoccupations. Alors que nous célébrons les 15 ans de ce référendum le 29 mai 2020, et bien qu’ait été trahi son résultat par la ratification du traité de Lisbonne en 2007, ces combats demeurent plus que jamais d’actualité à l’heure où l’Europe a montré son incapacité notoire à protéger les populations durant la crise sanitaire à laquelle elle a été confrontée.

PB

CORONASSASSINAT : il nous faut organiser la riposte

 La première victime de la guerre, c’est toujours la vérité

La deuxième victime de la guerre, ce sont les conquis sociaux

La troisième victime de la guerre, ce sont les droits et libertés démocratiques

La France Insoumise Lens dénonce l’incurie du gouvernement Macron/Philippe prêt à laisser mourir des dizaines de milliers de gens faute de dépistage, de lits, de soins après la destruction systématique de l’hôpital public et le mépris envers les soignants grévistes depuis des mois.

La France Insoumise Lens dénonce les mensonges cyniques d’un gouvernement qui cherche à cacher son  incompétence, obnubilé qu’il est par le « marché » et tout à son  indifférence pour le peuple.

La France Insoumise Lens dénonce l’arrogance d’un gouvernement incapable du moindre  mea culpa, incapable d’anticiper et de décider et préférant se réfugier derrière des « experts ». Macron aurait mieux fait d’écouter la parole des médecins d’Asie, qui en connaissent un rayon sur les épidémies. Mais non, seuls ont son oreille les mandarins de la médecine nationale, assis sur leurs certitudes.

La France Insoumise Lens récuse les appels à l’union sacrée et à la rhétorique de guerre d’un gouvernement qui avait d’abord fait le choix hypocrite et meurtrier de l’incitation douce en termes de comportement individuels pour ne pas nuire à l’économie. Tout ceci rappelle l’affaire du sang contaminé où un semblable déni au profit d’intérêts économiques avait finalement éclaté sans d’ailleurs que toutes les responsabilités n’aient été condamnées. Il ne devra pas en être de même cette fois-ci.

CORONA origines

Si le virus s’est répandu aussi vite, c’est que, dans le cadre de la mondialisation néolibérale qui a succédé au monde bipolaire de l’après-guerre, la Chine et l’Asie du Sud-Est sont devenues les « ateliers du monde » ; ce qui signifie pour nous : délocalisations, privatisations et absence de protection, sans se soucier du social et de l’environnement. Le capital a imposé ses quatre « libertés de circulation » (des capitaux, des marchandises, de la main-d’œuvre, des services) ce qui permet aussi, quand un virus émergeant commence ses ravages au cœur de l’Asie, que soit presque aussitôt infecté le reste de la planète.

Le corona péril jaune !  Certes le gouvernement chinois a tardé à annoncer l’épidémie et a même tout fait pour cacher la situation, mais ensuite quelle efficacité ! Confiner en un tour de main 60 millions de personnes, aucune démocratie ne sait faire cela à part la Corée du Sud que l’on qualifiera plutôt de démocrature. C’est en prenant appui sur ce qui est subsiste des traditions socialistes (banque et secteur industriel d’État, médecine publique et recherche nationalisée de haut niveau), qu’en peu de temps le choix politique du PC chinois a d’emblée été fait : sacrifier pour un temps la production manufacturière et les profits, mobiliser les volontaires du PCC, créer ex nihilo des hôpitaux, confiner d’emblée des gens et des provinces entières, bref, limiter à tout prix la contagion pour stopper l’expansion du virus.

Les français n’ont pourtant guère manifesté de sympathie pour la population chinoise victime de la maladie mettant cela sur le compte de leurs habitudes alimentaires (chauve-souris, pangolin) dans un pays qui a tellement souffert de la faim au cours de son histoire que tout se mange.

Le vieux racisme anti asiatique a vite refait surface ; des « chinois » ou supposés tels n’ayant pas mis les pieds dans leur pays natal depuis des années ont été stigmatisés et leurs commerces boudés.

La France Insoumise Lens réaffirme son admiration pour ce grand pays qu’est la Chine sans toutefois en approuver l’autoritarisme. La diplomatie française serait bien inspirée de négocier avec la Chine un partenariat équilibré pour organiser le nécessaire rééquilibrage de l’industrie mondiale et une relocalisation de toutes les industries stratégiques et vitales.

Puis le virus arrive en Italie du nord,  comment est ce possible ? Par l’insouciance du sujet libéral rationnel, développant une mentalité individualiste insouciante de l’autre dans une région gangrenée par le fascisme entre « ligue du nord » et « frères d’Italie ».

Et comble de négligence, des français qu’on rapatrie ou qui reviennent en France sans que les mesures élémentaires de contrôle ne soient prises y compris sur les militaires dépêchés en Chine pour organiser leur rapatriement !

Dans les cas coréens et français, il convient aussi de noter la responsabilité des églises évangéliques dans la diffusion rapide du virus, responsabilité non reconnue mais bien réelle.

CORONA déroulé des non-décisions du gouvernement français

Début janvier 2020, on apprend l’existence de cette nouvelle maladie dont les caractéristiques sont inconnues. Début février, on doit se rendre à l’évidence : les spécialistes ne peuvent exclure le scénario de la pandémie, voire semblent penser que ce scénario est le plus probable… Le 25 février, il est désormais établi que la pandémie l’a emporté. Le 2 mars, l’analyse du rapport de la visite de l’OMS montre deux choses : il est possible d’arrêter la course folle du virus ; la manière de le faire est de procéder à des dépistages massifs et ultra-rapides, avec traçage et isolement immédiat des contacts des personnes positives. Dès le 11 février, les lecteurs de Science sont alertés sur la possible pénurie de tests biologiques de dépistage. Le rapport de l’OMS du 28 février confirme qu’il existe d’autres techniques, à allier ou à substituer aux tests biologiques de dépistage en fonction des circonstances : la prise régulière des températures, l’examen des poumons par scanner… Le 28 février est publié le rapport crucial de l’OMS sur ce qui a été fait en Chine. Il montre que seule une mobilisation de « tout le gouvernement » et « toute la société » permet de vaincre l’épidémie.

On se souviendra sans doute longtemps du fait que le lendemain, le samedi 29 février d’une année bissextile, le premier ministre Édouard Philippe a décidé de détourner un conseil des ministres « exceptionnel dédié au Covid-19 » pour annoncer l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution afin d’adopter sans vote la réforme des retraites. Alors que l’OMS démontrait l’urgence de l’action collective et solidaire face à une pandémie bientôt incontrôlable, le gouvernement s’est dit que le plus urgent était de profiter de la dernière fenêtre de tir pour faire passer son projet de loi tant décrié. On se souviendra aussi de Blanquer qui a passé un weekend, à vouloir à toute force convoquer des centaines de professeurs dans les établissements scolaires (vidés de leurs élèves) au risque de violer les consignes de Philippe, de mettre gratuitement en danger la santé de ces fonctionnaires et de relancer la contagion. On se souviendra de Macron s’affichant au théâtre pour encourager les gens à consommer.

Lorsque le temps de la justice et des comptes sera venu, il nous faudra comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle : une pénurie absolue de masques, ne permettant pas de protéger convenablement les soignant.es qui sont au front – qui sont infecté.es, et infectent à leur tour –, bien trop peu de tests de dépistage (ce qui semble avoir été une décision assumée, y compris aux temps où l’épidémie était encore balbutiante en France, et n’est pas une fatalité en Europe, comme le montre l’exemple de l’Allemagne), et finalement la décision de dernier ressort de confiner toute la population pour une période indéterminée. Précisons que le gouvernement Macron/philippe est responsable de nous avoir dissimulé cette réalité mais que ce sont les gouvernements précédents qui portent la responsabilité de la pénurie de masques ; c’est donc tout un système qui doit être remis en cause parce qu’il privilégie l’économie au bien public.

La France Insoumise Lens déclare que tout ce qui précède montre sans équivoque que l’argument « on ne savait pas », ou « des doutes raisonnables existaient », mis en avant par les décideurs dans d’autres crises, ne pourra pas tenir longtemps pour la crise actuelle et qu’ils devront rendre des comptes. Nous n’oublierons pas les pitoyables numéros de comique de Sibeth Ndaye sur l’inutilité des masques pour le public. Mais elle n’est pas la seule : tous les membres du gouvernement devront se justifier devant la justice.

CORONA facteurs aggravants

Tout bonnement le fait d’aller travailler quand on est malade parce que le délai de carence (désormais étendu aux fonctionnaires merci Macron) comme la modestie des indemnités journalières n’incitent pas à rester chez soi.

La décision démagogique de réduire l’accès aux soins des personnes en situation irrégulière (merci Buzyn) pour les migrants et pour nous-mêmes puisqu’elle semble ignorer le phénomène de contagion.

Quant aux usines, celles qui le pourraient ne sont toujours pas réquisitionnées ou commencent timidement à l’être pour produire, par ex., des masques à profusion, et les autres devront continuer à mettre leurs ouvriers en danger  pour fabriquer des marchandises sans nécessité première alors que le coronavirus tue déjà des centaines de compatriotes dans des suffocations insupportables ? nous nous souviendrons des déclarations de l’infâme Pénicaud donnant des leçons de « civisme » aux ouvriers du bâtiment pour qu’ils reprennent le travail au mépris de leur santé.

La France Insoumise Lens condamne cette insouciance, cette volonté constante de nous infantiliser en minimisant et en cachant la gravité d’une situation ; un peu plus et ils  nous auraient expliqué que le virus s’arrêtait aux frontières de la France comme le nuage de Tchernobyl.

CORONA précédents

Le fiasco de la gestion de la grippe H1N1 en 2009 par Me  Bachelot docteure en pharmacie aurait dû servir de leçon. Mattéi, le ministre de la santé de Chirac, qui avait mis quinze jours à comprendre que des milliers de gens étaient en train de mourir pendant la canicule de 2003 !

Des laboratoires qui résistent aux médecins curieux et aux patients qui posent des questions (médiator de Servier et depakine de Sanofi) sans que les gouvernements français successifs ne fassent preuve de la moindre autorité.

La gestion des masques confiée aux entreprises depuis 2013 par l’irresponsable Touraine alors que c’était jusque là une responsabilité régalienne de l’Etat.

La France Insoumise Lens est obligée de constater que les leçons ne sont jamais tirées des échecs précédents dans cette République qui n’est plus au service de ses citoyen(ne)s.

CORONA mises en évidence de ce que nous dénonçons depuis longtemps

La détresse du service public hospitalier français auquel les gouvernements de droite et de gauche successifs ont infligé à la fois des cures drastiques d’austérité budgétaire et un mode de gestion entrepreneurial qui aboutit aujourd’hui à une retentissante thrombose (comble de libéralisme “anti-étatique”, c’est l’armée française qui installe des hôpitaux de campagne et qui doit transporter les malades en surnombre d’une région à l’autre !). Entre 1980 et 2020 la proportion de lits d’hôpital pour mille habitants a été divisée par près de deux (de 11 à 6,5) alors que dans le même temps la richesse produite par chaque français  a été multipliée par quatre !

Sans parler de la manière dont ont été traités dans le même temps, euro-critères d’austérité obligent, les services publics essentiels (sapeurs-pompiers, SAMU, urgences hospitalières, mais aussi SNCF, école publique et recherche scientifique ! On ne soulignera jamais assez le rôle des media ces dernières années, qui ont multiplié les “unes” assassines contre ces maudits fonctionnaires “budgétivores” qui sauvent aujourd’hui notre pays après avoir été inlassablement agonis d’injures .

L’absence de sens civique de ces grandes entreprises du CAC-40, ces labos pharmaceutiques privés et ces « services » de pointe qui sont capables de livrer sans cesse à la partie privilégiée et la plus insouciante de la population d’incessantes « innovations » inutiles pour la plupart, mais qui ne savent plus produire en nombre des appareils respirateurs, des masques de protection, des médicaments vitaux, parce que la seule chose qui intéresse les actionnaires prédateurs, c’est la recherche à court terme du profit privé maximal ?

La France Insoumise Lens réaffirme que la destruction de services publics et l’abandon aux grands groupes privés des intérêts économiques de la France sont inacceptables et nuisent au peuple français.

CORONA et UE

Non seulement l’ « économie de marché ouverte sur le monde » gravée dès l’origine dans les traités européens et dans la “constitution” de l’euro a conduit à délocaliser un maximum de capacités industrielles – y compris celle de fabriquer en France des médicaments et des matériels d’urgence !, non seulement elle a détruit les banques nationalisées, dépecé et privatisé partout le secteur industriel d’État (donc désarmé les capacités de riposte industrielle collective en cas d’urgence), mais l’austérité fixée par Maastricht (les 3% annuels de PIB sans lesquels il n’y aurait pas d’euro !) a miné le système de santé en France, en Italie, en Grèce, en Espagne et ailleurs.

Une UE qui ne fait rien, qui n’anticipe rien, qui ne coordonne rien. « Unité dans la diversité » est la devise de l’UE mais dans la réalité chaque pays n’en fait qu’en fonction de ses intérêts.

Car c’est en ordre parfaitement dispersé que les Etats européens ont apporté les premières réponses à la propagation du coronavirus. Très vite, la plupart des pays européens, notamment d’Europe centrale, se sont enfermés derrière les murs administratifs du territoire national pour protéger les populations du « virus étranger ». La carte des pays qui se sont cloîtrés les premiers recouvre d’ailleurs significativement celle de la xénophobie d’État. Orban a vendu la mèche : « Nous menons une guerre sur deux fronts, celui de la migration et celui du coronavirus, qui sont liés parce qu’ils se propagent tous les deux avec les déplacements ». Le ton a été vite donné : chacun des Etats doit se débrouiller seul, à la grande joie de toutes les extrêmes droites. Le plus abject a été l’absence de solidarité avec les pays les plus touchés.

Des pays qui se « débrouillent » mieux que d’autres : l’Allemagne compte 25.000 lits de réanimation. Nous, 5000. Les Allemands, toujours eux, ont testé 500.000 personnes ! Un demi-million d’habitants sont testés chaque semaine ! Et parmi elles, toutes les personnes dépistées sont confinées. Résultat : l’Allemagne enregistre beaucoup moins de morts et toute l’économie du pays n’est pas arrêtée comme chez nous !

Des pays roublards et partisans du chacun pour soi sauf quand il s’agit de recevoir en masse des fonds de développement : un gouvernement tchèque « illiberal »  et pro-européen qui vole les masques envoyés par la Chine et destinés aux italiens !

Des pays comme la Grande Bretagne qui attendent  que la majorité de la population soit contaminée de manière à créer une hypothétique immunité de masse contre le virus ! Il ne reste plus qu’à trier  les heureux bénéficiaires des soins intensifs sur des critères néo-darwiniens. Comme on disait en 1914 une bonne guerre il n’y a que ça de vrai pour relancer l’économie et les profits.

La France Insoumise Lens déclare que l’abandon de l’Italie à son sort par la France et l’Allemagne, qui ont poussé l’égoïsme jusqu’à refuser d’y envoyer du matériel médical et des masques de protection, a sonné le glas de l’Europe construite sur la base de la concurrence généralisée entre pays et que l’urgence est à la sortie de cette UE vaticano-libérale pour reconstituer une union basée sur des critères de développement concerté et de progrès social.

CORONA et cosmopolitique  

Le 11 mars, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, déclarait que nous avions affaire à une pandémie, et s’inquiétait vivement de la rapidité de la propagation du virus et du « niveau alarmant d’inaction » des États. Comment expliquer cette inaction si ce n’est par la persistance du principe de la souveraineté étatique dans les affaires mondiales. La coopération internationale a toujours été fragile, mais elle l’est encore plus depuis environ cinq ans avec l’élection de leaders politiques, notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, qui aspirent à se retirer de leur responsabilité dans la globalisation. Or sans la perspective globale que fournit l’OMS, on court à la catastrophe car approche globale de la pandémie et  solidarité sont des éléments essentiels qui incitent les citoyens à agir de manière responsable.   

Malheureusement l’Organisation mondiale de la santé depuis plusieurs décennies a été financièrement affaiblie et laissée aux mains de financeurs privés (80% de son financement provient de dons privés d’entreprises et de fondations). Malgré cet affaiblissement, l’OMS aurait pu dès le début servir de cadre de coopération dans la lutte contre la pandémie, non seulement parce que ses informations étaient fiables depuis début janvier mais aussi parce que ses recommandations de contrôle radical et précoce de l’épidémie étaient pertinentes. Pour le directeur général de l’OMS le choix d’abandonner le test systématique et le traçage des contacts, qui ont bien réussi en Corée ou à Taïwan, a constitué une erreur majeure qui a contribué à répandre le virus dans tous les autres pays.

Derrière ce retard il y a des choix stratégiques. Des pays comme la Corée ont choisi le dépistage systématique, l’isolement des porteurs du virus et la « distanciation sociale ». L’Italie a adopté assez tôt la stratégie de confinement absolu pour stopper l’épidémie, comme cela avait été fait auparavant en Chine.

D’autres pays ont beaucoup trop attendu pour réagir, faisant le choix fataliste et crypto-darwinien d’une stratégie dite « d’immunité collective ». La Grande Bretagne de Boris Johnson a dans un premier temps suivi la voie de la passivité, tandis que d’autres de façon plus ambiguë ont tardé à prendre des mesures restrictives, notamment la France et l’Allemagne, sans parler des Etats-Unis. Tablant sur une « atténuation » ou un « retardement » de l’épidémie par aplatissement de la courbe des contaminations, ces pays ont renoncé de facto à la garder sous contrôle dès le début par le dépistage systématique et le confinement général de la population comme cela avait été le cas à Wuhan et dans la province de Hubei.

Cette stratégie d’immunité collective suppose d’accepter que 50 à 80 % de la population soit contaminée selon les prévisions des dirigeants allemands et du gouvernement français. Cela revient à accepter la mort de centaines de milliers, voire de millions de personnes supposées les « plus fragiles».

L’orientation de l’OMS était pourtant claire : les Etats ne devaient pas abandonner le dépistage systématique et le traçage des contacts des personnes testées positives.

La France Insoumise Lens n’est pas dupe de cette tentation qu’ont eu les dirigeants de nos pays capitalistes de laisser mourir une partie de leur population au profit d’un redémarrage de l’économie et dénonce cette attitude coupable ainsi que leur incapacité à gérer autrement dans un monde devenu global.

CORONA conséquences  

Le retour de la souveraineté nationale : d’une part, on compte sur l’Etat national pour prendre des mesures autoritaires de limitation des contacts avec notamment la mise en place de « l’état d’urgence » (déclarée ou non), comme en Italie, en Espagne ou en France ; d’autre part, on attend que l’État protège les citoyens de « l’importation » d’un virus venant de l’étranger. Discipline sociale et protectionnisme national seraient les deux axes prioritaires de la lutte contre la pandémie. On retrouve là les deux faces de la souveraineté de l’État évoqué sous forme de mise en garde au paragraphe suivant : domination interne et indépendance externe.

Le retour de l’interventionnisme d’Etat : on compte en effet sur l’État pour aider les entreprises de toutes tailles à passer l’épreuve en leur apportant l’aide et les garanties sur les crédits dont elles auraient besoin pour ne pas faire faillite et conserver autant que possible leur main d’œuvre. L’État n’a plus aucun scrupule à dépenser sans limite pour « sauver l’économie », alors qu’hier encore il opposait à toute demande d’augmenter les effectifs des hôpitaux et le nombre de lits dans les services d’urgence le respect obsessionnel des contraintes budgétaires et des limites de l’endettement public. Les États semblent aujourd’hui redécouvrir les vertus de l’intervention, du moins lorsqu’il s’agit de soutenir l’activité des entreprises privées et de garantir le système financier.

La perte de confiance en la parole publique : trop de mensonges et de dissimulations, la novlangue des éléments de langage managériaux ne fait plus illusion. De plus, il ne faut pas être grand clerc pour imaginer que profitant de la peur et de l’urgence le gouvernement pourra mettre en place des dispositifs de surveillance que la population refuserait en temps normal (reconnaissance faciale, traçage des déplacements). Des dispositifs contre les libertés publiques (manifestations et regroupements) sont tout à fait envisageables à l’avenir. On a justifié par la lutte contre le terrorisme des restrictions de liberté. La même chose sera reproduite en invoquant des raisons sanitaires. Toutes les libertés de circulation sont suspendues « pour la bonne cause » mais aussi les pouvoirs du parlement et de la justice. L’exécutif exerce un pouvoir discrétionnaire en créant des commissions qui le conseillent mais quels sont les contre-pouvoirs ?  La justice devient une justice d’abattage sans avocats pour aller vite, par visio-conférences, les recours sont affaiblis. On donne aux employeurs des droits exorbitants, les syndicats sont mis de côté, les conquis sociaux sont attaqués.

La fin de l’atelier du monde : ce n’est pas seulement revoir « la chaine de valeur » de la production c’’est reconsidérer tout l’équilibre économique mondial ; ce que l’argument écologique tarde à déclencher c’est-à-dire  une relocalisation des activités au plus prêt des consommateurs citoyens, le drame sanitaire doit provoquer le sursaut des peuples contre cette mondialisation qui leur a été imposée.

La militarisation du discours officiel : après les violences policières sur les gilets jaunes et sur les cortèges syndicaux voici venir le « silence dans les rangs ». À Mulhouse, Macron a tenu un nouveau discours de chef de guerre, fustigeant ceux qui veulent « fracturer le pays ». La rhétorique de guerre induit l’existence d’ennemis de la  République et le gouvernement s’appuie sur des préfets notamment les plus répressifs.

CORONA souveraineté et bien commun

On entend en effet dans les discours des politiques y compris récemment dans celui de Macron la rengaine de la souveraineté à recouvrer et des services publics à revaloriser. Il est donc nécessaire de s’interroger sur ces termes (les quatre paragraphes suivants sont repris de Dardot et Laval).

Souveraineté signifie proprement « supériorité » (du latin superanus), mais à l’égard de quoi ? A l’égard des lois et des obligations de toutes sortes qui sont susceptibles de limiter la puissance de l’État, tant dans ses relations avec les autres États que dans ses rapports avec ses propres citoyens. L’Etat souverain se place au-dessus d’engagements et d’obligations qu’il est libre de contracter et de révoquer à sa guise. Mais l’État, considéré comme personne publique, ne peut agir que par ses représentants censés en incarner la continuité au-delà de la durée de l’exercice de leurs fonctions. La supériorité de l’Etat signifie donc dans les faits la supériorité de ses représentants à l’égard des lois, obligations et engagements qui peuvent le lier durablement. Et c’est cette supériorité qui est élevée au rang de principe par tous les souverainistes. Cependant, ce principe vaut indépendamment de l’orientation politique des gouvernants d’où le danger.

Par ailleurs on s’avise trop peu souvent du fait que, dans cette expression, « public » est absolument irréductible à « étatique ». Car le publicum ici désigné renvoie non à la seule administration étatique, mais à la collectivité tout entière en tant qu’elle est constituée de l’ensemble des citoyens : les services publics ne sont pas les services de l’État au sens où l’Etat pourrait en disposer à sa guise, ils ne sont pas non plus une projection de l’Etat, ils sont publics en ce qu’ils sont « au service du public ». Ils relèvent en ce sens d’une obligation positive de l’État à l’égard des citoyens. Autrement dit, ils sont dus par l’État et les gouvernants aux gouvernés, loin d’être une faveur que ferait l’État aux gouvernés, comme la formule d’« Etat-providence », polémique car d’inspiration libérale, donne à l’entendre. Les services publics constituent, non une manifestation de la puissance de l’État, mais une limite du pouvoir gouvernemental. Ces obligations qui s’imposent aux gouvernants, s’impose également aux agents des gouvernants et ce sont elles qui fondent la « responsabilité publique ». C’est pourquoi les services publics relèvent du principe de la solidarité sociale, qui s’impose à tous, et non du principe de la souveraineté qui est incompatible avec celui de la responsabilité publique.

C’est ce qui explique que les citoyens des divers pays européens touchés par la crise ont tenu à manifester sous des formes les plus diverses leur attachement à ces services engagés dans le combat quotidien contre le coronavirus : les citoyens de nombreuses villes espagnoles ont ainsi applaudi de leurs balcons les équipes des services sanitaires, quelle que soit par ailleurs leur attitude à l’égard de l’Etat unitaire centralisé. C’est que les deux choses doivent être soigneusement disjointes. L’attachement des citoyens aux services publics, en particulier aux services hospitaliers, n’est en rien une adhésion à l’autorité ou à la puissance publique sous ses différentes formes, mais un attachement à des services qui ont pour finalité essentielle de pourvoir aux besoins du public. Loin de manifester un repli identitaire sur la nation, cet attachement témoigne d’un sens de l’universel qui traverse les frontières et nous rend si sensibles aux épreuves vécues par nos « concitoyens en pandémie », qu’ils soient italiens, espagnols, et finalement européens ou non.

A la faveur de cette épreuve, quelque chose a changé qui fait que rien ne pourra plus être tout à fait comme avant. Le souverainisme d’État, par son réflexe sécuritaire et son tropisme xénophobe, a fait la preuve de sa faillite. Loin de contenir le capital global, il en aménage l’action en exacerbant la concurrence. Deux choses apparaissent désormais. D’une part, la place des services publics comme institutions du commun capables de mettre en œuvre la solidarité vitale entre humains. D’autre part, le besoin politique le plus urgent de l’humanité, l’institution des communs mondiaux. Puisque les risques majeurs sont globaux, l’entraide doit être mondiale, les politiques doivent être coordonnées, les moyens et les connaissances doivent être partagées, la coopération doit être la règle absolue. Santé, climat, économie, éducation, culture ne doivent plus être considérées comme des propriétés privées ou des biens d’État : ils doivent être considérés comme des communs mondiaux et être institués politiquement comme tels.

Pierre Bourdieu jugeait que la construction de l’homme économique est la question fondamentale de la société contemporaine. Ce sera donc une remise en cause fondamentale de notre société. Il ne suffira pas de lâcher du lest budgétaire pour les  hôpitaux et de mieux considérer les « invisibles » caissières, livreurs, chauffeurs, artisans. La crise agit comme un formidable révélateur des tares du système productiviste et fait éclater au plus grand jour les aspects les plus sordides de la mondialisation avec ses délocalisations. Mais il ya des raisons d’espérer : une prise de conscience plus massive des impératifs écologiques et sociaux est possible qui permettrait de redessiner le paysage politique.

La France Insoumise Lens le proclame : le salut ne viendra pas d’en haut. Seules des insurrections, des soulèvements et des coalitions transnationales de citoyens peuvent l’imposer aux Etats et au capital. Face à un pouvoir pris en tenaille entre l’exigence de pérennité du capital et l’exigence de préservation de la force de travail, c’est à nous citoyen(ne)s de définir et d’exiger ce que nous voulons : obtenir davantage de protection sociale pour encadrer très fermement le capitalisme, instituer des communs mondiaux sous contrôle citoyen et se préparer solidairement aux nouveaux désastres que le réchauffement climatique nous prépare. Pensons autrement et agissons autrement.

CORONAVERTISSEMENT  

Attention à la parole biaisée de Macron quand dans son allocution du 12 mars, qui n’a pas manqué de surprendre il s’est soudainement mué en défenseur de l’Etat-providence et de l’hôpital public, allant jusqu’à affirmer l’impossibilité de tout réduire à la logique du marché. Au cours de cette même conférence, il a même reconnu que « déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie au fond à d’autres » était une « folie » et qu’il fallait « en reprendre le contrôle ».

Attention à la parole biaisée de Macron quand il dit qu’il faudra changer le système après que la crise soit passée : « je me suis adressé à vous au début de l’épidémie le 16 mars dernier, je vous avais dit qu’après les épreuves traversées, plus rien ne serait comme avant ».

Nous ne pouvons ajouter foi à la promesse de Macron selon laquelle il serait le premier à mettre en cause « notre modèle de développement » après la crise. On peut même légitimement penser que les mesures drastiques en matière économique répèteront celles de 2008 et viseront un « retour à la normale », c’est-à-dire la destruction de la planète et l’inégalisation croissante des conditions sociales. On doit plutôt craindre dès maintenant que l’énorme facture pour « sauver l’économie » ne soit à nouveau présentée aux salariés et aux contribuables les plus modestes.

Le retour à la normale risque aussi de signifier le flicage généralisé qui va subsister après la mise en place de moyens de pister les trajectoires des citoyens, le tout  couplé avec les progrès de l’intelligence artificielle , le rêve ultime des services de sécurité. N’oublions pas la pérennisation de l’état d’urgence de 2015 intégré dans la loi en 2017, et désormais l’existence des dispositifs de surveillance par la géo-localisation ou les drones : tout cela doit nous mettre dans une vigilance extrême par rapport à ce qui se développe partout en période de crise et perdure une fois la crise passée.

A la «guerre sanitaire» aujourd’hui déclarée, risque de succéder une «guerre économique et sociale» et une guerre sécuritaire de type orwellien, deux guerres impitoyables pour les salariés, les fonctionnaires, les chômeurs, les classes moyennes et populaires où qu’ils vivent, à Paris ou en province, en ville comme en banlieue, dans les campagnes ou le péri-urbain.

Le lecteur trouvera en annexe à ce papier le texte imaginé par Olivier Le Cour Grandmaison ce que pourrait être le discours de Macron dans la phase post-pandémie : attaques renouvelées contre le Code du Travail, suspension de libertés, suspension des embauches dans le secteur public etc…

Gardons constamment à l’esprit que même dans ces circonstances exceptionnelles, la logique profonde des dirigeants au service du néo-libéralisme n’est pas ébranlée et que nous devons résister et nous battre contre leurs croyances de classe dominante en restant fidèles à nos valeurs républicaines : liberté, égalité, fraternité, laïcité.

CORONAlternative  

Le but d’un nouvel internationalisme est de permettre l’échange durable par la mise à niveau égalitaire entre des pays arrivés à des stades de développement inégaux : la coopération égalitaire d’Etats souverains et solidaires planifiant leur sortie du capitalisme et s’orientant vers un éco-socialisme émancipateur.

La pandémie du Covid-19 dénude et aiguise les contradictions déjà explosives de la mondialisation capitaliste et de sa déclinaison régionale, l’Union européenne conçue comme une « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée ».

Demain, quand la crise mondiale aura produit son raz-de-marée antisocial, il faut se préparer aux affrontements de classes qui ne manqueront pas de surgir mondialement et nationalement car le capitalisme n’aura d’autre souci que de préserver sa prédation par tous les moyens. 

Souvenons nous de cette judicieuse expression  du philosophe Georg Simmel rappelant que le bon équilibre de toute vie sociale est l’accord devant exister entre « le pont et la porte » : le pont nécessaire à la relation et la porte relativisant cette relation afin d’accéder à une harmonie bénéfique pour tout un chacun. L’alternative n’est ni l’accentuation de ce sans-frontiérisme capitaliste effrayant, ni le repli protectionniste borné des nationalistes bourgeois et de leurs substituts fascistes, mais le protectionnisme solidaire soit la coopération d’États égaux souverains planifiant en commun leur riposte aux phénomènes ravageurs qui menacent de mort l’humanité.

La France Insoumise Lens considère que cette alternative couplée aux initiatives venant d’en bas telles qu’explicitées dans un chapitre précédent (obtenir davantage de protection sociale pour encadrer très fermement le capitalisme, instituer des communs mondiaux sous contrôle citoyen et se préparer solidairement aux nouveaux désastres que le réchauffement climatique nous prépare) constitue le cadre de la riposte.

CORONA ripostes  

La France Insoumise Lens considère qu’il faut mettre fin à ce système capitaliste qui extermine les hommes et la nature et qu’il faut de toute urgence dégager la classe dirigeante qui nous a menés à cette catastrophe.

La France Insoumise Lens considère que face à cette euro-mondialisation capitaliste il faut donc imposer un tournant révolutionnaire afin que les peuples libres, égaux et fraternels s’engagent résolument dans la voie de la construction de l’éco-socialisme du troisième millénaire.

La France Insoumise Lens considère que la solidarité internationale doit jouer à plein en particulier vis-à-vis de l’Afrique : organisation sanitaire et moratoire sur la dette.

La France Insoumise Lens exige dans l’immédiat :

• la réquisition des usines capables de produire les équipements nécessaires à la survie des personnes infectées

• la mise à disposition des mesures de protection conseillées par le corps médical à savoir la distribution de masques et de tests faute de quoi le confinement n’aura servi à rien

•  l’expérimentation à plus grande échelle les traitements actuellement proposés afin d’y voir plus clair sur leur efficacité, ce que Big Pharma et ses relais au sommet de l’État ne voient pas d’un bon œil (l’œil du profit privé qui a horreur des médicaments qui ne coûtent pas cher et sont génériquables)

• des milliards tout de suite pour les hôpitaux, la recherche et le système de soins

• le retrait des contre-réformes qui divisent notre peuple (retraites, E3C, Parcourus, privatisations, indemnisation du chômage, etc.)

• le paiement complet des journées chômées et l’application du principe de précaution dans toutes les entreprises et services,

• l’organisation de la solidarité populaire avec les démunis, personnes âgées, malades, mal-logés, pauvres, le soutien aux services publics, et la réquisition des immeubles vides pour qu’aucun sans-abri, aucun migrant ne suffoque dans la rue durant l’épidémie

• la taxation du capital à la hauteur des besoins publics

• la socialisation des industries stratégiques et la reprise du système financier aux banques

• la mise en œuvre rapide d’une planification éco-socialiste seule à même de réorganiser notre pays dans le sens de l’humain d’abord.

Conclusion :

Ce que la pandémie démontre aux yeux de tous, s’il en était encore besoin, qu’il existe un lien systémique entre la destruction du vivant et l’apparition du Covid-19, entre la mondialisation et la diffusion planétaire du virus, entre l’austérité imposée aux hôpitaux et l’impact sanitaire de la maladie – pour ne prendre que ces liens-là. Si malheureusement des ruptures d’approvisionnement survenaient les risques liés au système actuel deviendraient encore plus évidents.

Ce que la pandémie met à l’épreuve, c’est la capacité des organisations politiques et économiques à faire face à un problème global lié aux interdépendances individuelles, autrement dit qui touche à la vie sociale la plus élémentaire. Comme une dystopie qui serait devenue réalité, ce que nous vivons laisse entrevoir ce qui, avec le changement climatique, attend l’humanité dans quelques décennies si la structure économique et politique du monde ne change pas très rapidement et très radicalement.

Les deux grands piliers de la Gouvernance capitaliste du monde ont révélé leurs limites : l’Autorité politique (les gouvernements des plus grandes puissances du monde) et l’Autorité Religieuse. Le monde fondé sur l’argent, sur le profit et l’individualisme débridé fait faillite et prend l’eau de toutes parts et appelle un monde où l’homme est au centre des attentions de l’homme.

Laissons une fois n’est pas coutume le mot de la fin à  l’un des plus grands idéologues de la grande bourgeoisie impérialiste française, Jacques Attali.  

« Chaque fois qu’une pandémie ravage un continent, elle discrédite le système de croyances et de contrôle qui n’a pu empêcher que meurent d’innombrables gens ; et les survivants se vengent sur leurs maîtres en bouleversant le rapport de l’autorité. Aujourd’hui, si les pouvoirs en place en Occident, se révélaient incapables de maîtriser la tragédie qui commence, c’est tout le système de pouvoir, tous les fondements idéologiques de l’autorité qui seraient remis en cause pour être remplacés, après une période sombre, par un nouveau modèle fondé sur une autre autorité et la confiance en un autre système de valeur…Le pouvoir politique appartiendra à ceux qui sauront démontrer le plus d’empathie pour les autres. Les secteurs économiques dominants seront d’ailleurs aussi ceux de l’empathie : la santé, l’hospitalité, l’alimentation, l’éducation, l’écologie… » (France culture, 22 mars 2020). 

PB

Annexe : texte imaginé par Olivier Le Cour Grandmaison ce que pourrait être le discours de Macron dans la phase post-pandémie 

« Nous sommes en guerre. Aussi, notre code du travail, conçu dans et pour une autre conjoncture, est-il parfaitement inadapté à celle que nous allons affronter. Il est trop lourd et compliqué. De là d’innombrables lenteurs qui sont autant d’obstacles à la reprise que nous appelons tous de nos vœux. C’est pourquoi je vais demander au gouvernement d’adopter une loi d’urgence économique qui permettra à toutes et à tous de travailler au-delà des 35 heures, de travailler le dimanche si nécessaire et d’étendre le travail de nuit aux secteurs économiques particulièrement fragiles et/ou particulièrement affectés par le confinement auquel notre pays a été soumis. De plus, de nouveaux contrats d’embauche, moins contraignants et plus souples seront mis en place pour permettre de répondre dans les meilleures conditions aux défis multiples et variés que nos entreprises et nos artisans vont devoir relever dans les semaines et les mois à venir. Nous devons travailler plus et plus longtemps, c’est pourquoi la réforme des retraites, suspendue pour les raisons que vous savez, sera enfin adoptée. Et je souhaite qu’elle soit elle aussi assouplie pour permettre à celles et ceux qui veulent continuer à travailler de le faire en toute liberté. Toutes ces mesures s’imposent car il y va de notre place en Europe, de notre place dans le monde, de votre avenir personnel et professionnel, et de celui de vos enfants et de vos petits-enfants.

Oui, nous sommes en guerre. C’est pourquoi, afin de favoriser au mieux la croissance indispensable aux progrès de notre pays, au relèvement de notre économie et à l’amélioration de vos conditions de vie, je demanderai également au gouvernement de bloquer les salaires pour une durée qui reste à déterminer, de réduire les congés et de permettre aux employeurs de les fixer à leur convenance, après consultation des salariés. Il en sera évidemment de même dans toute la fonction publique à l’exception de la fonction publique hospitalière où des postes seront créés et de nouveaux moyens accordés. En même temps, nous poursuivrons la modernisation indispensable de nos hôpitaux afin d’augmenter là aussi leur compétitivité et donc leur efficacité au service du plus grand nombre. Mes chers compatriotes, je sais votre attachement à notre système de santé qui suscite l’admiration de beaucoup à l’étranger, c’est aussi pour répondre à vos attentes que je vous demande ces efforts. Efforts également dans l’éducation nationale et dans l’enseignement supérieur où, jusqu’à nouvel ordre, aucun recrutement ne sera effectué. Cette situation n’empêchera nullement les écoles, les collèges, les lycées et les universités d’embaucher, de façon temporaire et pour une durée limitée, le personnel enseignant et administratif nécessaire à l’accomplissement de leurs missions. Là aussi, la modernisation doit être impérativement poursuivie car nous pouvons et nous devons faire mieux. Les temps présents comme de nombreux parents l’exigent et personne ne comprendrait, à l’heure où je vous parle, que les fonctionnaires précités désertent cette formidable bataille économique et sociale qu’il nous faut remporter au plus vite.

C’est parce qu’elle est terrible que nous devons mobiliser toutes les énergies, stimuler tous les talents, libérer toutes les volontés et toutes les ambitions en donnant à chacune et à chacun l’opportunité de s’y associer. A vous Françaises et Français d’abord car, en ces circonstances exceptionnelles il n’est plus acceptable que d’autres, arrivés depuis peu dans notre pays et sans intention d’y faire souche, accèdent rapidement à des emplois qui pourraient être occupés par vous. C’est pourquoi je vais demander au gouvernement de préparer un projet de loi destiné, non à fermer complètement l’immigration, ce serait aussi vain qu’inutile, mais à la limiter au strict nécessaire sur la base de quotas régulièrement révisés, comme cela se fait déjà dans de nombreux Etats développés et démocratiques. De même, il faut rapatrier dans notre pays des activités essentielles à notre indépendance sanitaire, industrielle et économique pour renforcer ainsi notre souveraineté en produisant français avec des travailleuses et des travailleurs français. L’union nationale nous a permis de vaincre l’épidémie hier, elle nous permettra, demain, de renouer avec la prospérité dont vous serez toutes et tous les heureux bénéficiaires ».